mercredi 9 mars 2016

La Mandubienne blonde

La Mandubienne blonde est l'une des sept bières de la gamme de la brasserie artisanale des Trois Fontaines, fondée sous l'égide du brasseur Virgile Berthiot en 2001. Elle est basée à Bretenières, commune située à quelques kilomètres à peine de l'agglomération dijonnaise, après avoir passé plusieurs années à Fenay, autre commune proche de Dijon. 

J'ai récemment réalisé une bizarrerie dans tous les articles que j'ai publiés sur ce blog depuis presque deux ans : la Brasserie des Trois Fontaines est la brasserie bourguignonne que je connais depuis le plus longtemps - j'ai goûté ses bières pour la première fois en août 2005 -, et je n'ai pourtant jamais publié aucun article sur cette brasserie et ses produits. Des bières qui valent pourtant carrément le coup, non seulement au niveau gustatif, mais aussi au niveau plus "terre-à-terre" du rapport qualité-prix...

Réparons donc ce manque dès à présent ! Et commençons par la Mandubienne blonde, bière dont je ne répéterai pas la couleur (fallait suivre !), de fermentation haute, refermentée en bouteille, titrant 6% de teneur en alcool. Ce qui en fait donc une ale semi-forte. 

La voici : 

L'image sur l'étiquette représente le manche d'un glaive gaulois, qui correspond au nom de cette bière qui fait allusion à la tribu gauloise des Mandubiens, fondateurs d'Alésia.
Au visuel, cette petite blonde sympathique présente une robe dorée aux reflets plus foncés, presque ambrés, légèrement trouble. Elle est surmontée d'un col fin de mousse blanche, persistant.

Au nez, elle diffuse des arômes de céréales légèrement maltées, faisant penser à du pain frais, le tout accompagné de notes fleuries et miellées.

En bouche, elle offre en entrée fine effervescence, douceur et moelleux. Le tout s'accompagnant de saveurs panifiées, fleuries et herbacées. Tout cela se conclut par une amertume légère et douce.

Une ale agréablement moelleuse et rafraîchissante. Tout en étant une bonne bière de dégustation, elle est accessible au plus grand nombre grâce à la douceur de ses saveurs, ainsi qu'à la légèreté de son amertume. Pour l'anecdote, elle a été l'une des bières servies à la pression lors de mon mariage et c'est celle qui a eu le plus grand succès, même auprès des Belges ! Ce qui n'est pas peu dire étant donné leur chauvinisme parfois flagrant en matière de bières... (Je sais ce que je dis : je suis né en Belgique...)

mercredi 24 février 2016

L'Elixkir Porter, un autre style historique

La Brasserie Elixkir ne s'est pas limitée, en termes de styles étrangers, à l'IPA que j'ai présentée sur ce blog dernièrement. L'une des dernières nées de la brasserie est un Porter, style historique de bière anglaise. 

Ce style de bière est apparu à Londres dans les années 1700. A l'époque dans les estaminets, on demandait fréquemment un mélange de plusieurs bières de forces différentes selon leur prix. On appelait ce mélange "Three Threads" (Trois fils). Suite à un hasard, ou une erreur, certains brasseurs londoniens arrivèrent à produire un équivalent du "Three Thread" le plus recherché de Londres, mais en un seul brassage, grâce à un nouveau mélange de malts pâle et foncé, donnant une bière brune plutôt légère (5 à 6 % de teneur en alcool) et... rafraîchissante (Heee oui, même les brunes sont rafraîchissantes !). La différence majeure est que cette bière, produite en un seul brassage au lieu de plusieurs, était forcément beaucoup moins chère que le "Three Threads" traditionnel, ce qui en étendit le marché aux couches populaires, laborieuses. Cela permit le brassage à grande échelle, qui devint l'une des plus vendues de Grande Bretagne. Le nom de "Porter" lui vient de ceux auprès desquels elle eut le plus grand succès : les... porters, terme anglais désignant les débardeurs transportant du fret dans les rues de Londres ainsi que sur ses voies d'eau. 
Comme de nombreux styles historiques, le Porter finit par tomber en désuétude et presque disparaître en raison des progrès techniques qui, au fur et à mesure du XIXe siècle, permirent le brassage à grande échelle et peu cher de bières blondes type lager pilsner. Comme l'IPA, le style Porter a repris de la vigueur ces 40 dernières années avec le retour sur scène de la brasserie artisanale, sous de nombreuses formes selon les interprétations qu'en faisaient les brasseurs. COLE Melissa, Tout sur la bière, Paris, Gallimard, 2011, p. 166-167.

Amélia Begrand et Guillaume Paysant n'ont pas voulu être en reste et ont donc créé leur propre Porter, une bière de fermentation haute, refermentée en bouteille. Elle titre 5.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère. Elle se boira, pour être tout de même rafraîchissante, entre 6 et 8°C.

La voici : 


Au visuel, elle arbore une robe brun foncé aux reflets acajou. Comme ses soeurs qui subissent, elles aussi, une refermentation en bouteille, on y décèle un léger trouble. Le tout est surmonté d'un col de mousse ivoire aux fines bulles, peu abondant mais persistant.

Au nez, la mousse offre des arômes plutôt discrets aux notes chocolatées, grillées et torréfiées, ainsi que des touches moelleuses de fruits noirs.

En bouche, on pourrait s'attendre à une bière rude, mais il n'en est rien. Elle est douce, voire moelleuse avec des touches caramélisées et chocolatées (chocolat noir plutôt), mais surtout des saveurs de céréales grillées et torréfiées. Ces dernières se retrouvent dans une amertume type café noir, qui se révèle malgré tout modérée. Persistance sur le grillé et le torréfié.

On a là une Porter sympathique et, croyez-le ou non, rafraîchissante notamment du fait d'un taux d'alcool et de saveurs assez légers. Elle n'en reste pas moins aussi une bière de dégustation avec des saveurs agréables mêlant moelleux et rudesse en un équilibre réussi. Elle accompagnera avantageusement un dessert chocolaté, voire au café, ou tout simplement un morceau de chocolat noir. Mais pourquoi pas aussi avec un bon steak... 

Elle est désormais disponible, pour le prix de 3.00 € la bouteille de 33 cl sur www.secretsdebieres.fr

mercredi 10 février 2016

L'Elixkir IPA, quand la mode a du bon...

Je ne présente plus la brasserie dijonnaise Elixkir, mais je peux continuer à présenter certaines de ses bières. Cette fois-ci, comme le titre l'indique, c'est l'IPA qui y passe.

Le style IPA est l'un des styles de bière les plus en vogue du moment, et très nombreux sont les artisans-brasseurs - et brasseurs industriels aussi - qui s'y essaient. C'est au 18e siècle, en Angleterre, que serait né ce style de bière. Ces bières, qu'on n'appelait pas encore IPA à l'époque - le terme n'est apparu que dans les années 1830 - étaient destinées aux colons anglais basés en Inde. Il leur était impossible, en l'absence de toute technologie de réfrigération, de brasser de la bière dans ces contrées chaudes. Il leur fallait donc faire venir la bière d'Angleterre. Mais bien souvent, ces bières supportaient  mal la longueur du voyage en bateau, et arrivaient presque imbuvables. Parmi toutes les bières qui leur étaient expédiées depuis l'Angleterre, celles qui leur arrivaient dans le meilleur état et les plus propres à la consommation étaient les bières qui avaient été massivement houblonnées et dont le taux d'alcool était plus élevé. Il paraît même qu'elles se bonifiaient pendant le voyage. Le succès de ces pale ales brassées pour l'Inde ne fit que s'accroître durant la première moitié du 19e siècle. A partir des années 1830, ce style de bière fut aussi brassé pour le marché intérieur anglais, sous la désignation "Pale ale brassée expressément pour le marché indien", ou India Pale Ale, à destination des colons revenus en Angleterre et désireux de retrouver ce type de bière qu'ils avaient apprécié en Inde. Mais ils ne furent pas les seuls à aimer ce style, qui devint pour les décennies suivantes le style de bière le plus vendu au Royaume-Uni. Ce style de bière déclina jusqu'à ne devenir plus que l'ombre de lui-même, à la fin du siècle, sous l'effet des campagnes antialcooliques (bande de rabat-joies !) et des taxes qui, à partir de 1880, ne concernèrent plus la quantité de malt, mais le degré alcoolique de la bière. (Cole, Mélissa, Tout sur la bière, Paris, Gallimard, 2011, p. 116-120).

Le style fut remis au goût du jour aux Etats-Unis dans les années 1970, accompagnant les premiers pas de la révolution micro-brassicole, partie de là-bas. Les artisans-brasseurs conçurent des bières agrémentées de quantités parfois phénoménales de houblon, selon le principe du dry-hopping, ou houblonnage à sec. Ce principe de houblonnage consiste à infuser la bière lorsqu'elle est en cours de fermentation ou de maturation, ou les deux, avec de généreuses quantités de houblon. En général, pour tous les styles de bière, y compris l'IPA, le houblon est ajouté lors de l'ébullition, ce qui a pour effet de lui faire perdre une partie de ses arômes et saveurs. Le houblonnage à sec permet au houblon de faire bénéficier la bière de toutes ses propriétés aromatiques. Souvent brassées avec du houblon américain ou plus exotique, ce style abrite un éventail extraordinaire de bières aux saveurs très fruitées, des fruits exotiques aux agrumes, résineuses, terreuses aussi, et à l'amertume souvent très prononcée. Et ce sont ces caractéristiques, nouvelles par rapport aux classiques bières de grande distribution et aux grandes bières de spécialités installées depuis des décennies (belges notamment), qui font que ce style a le vent en poupe aujourd'hui.

Félicitations à ceux qui ont réussi à achever ce passage explicatif sans s'endormir ou sans fermer ce post ! Ma passion pour l'histoire est presque équivalente à mon amour de la bière, désolé...

Elixkir a donc succombé à la mode. D'ordinaire, je ne suis pas trop pour qu'on succombe sans cesse à la mode, mais il faut savoir admettre quand c'est bénéfique. Et, dans le cas d'Elixkir, succomber à la mode de l'IPA s'est avéré être une réussite. Leur IPA, comme les autres, est une bière de fermentation haute, titrant 7% de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. Lors de son processus de brassage, trois houblons ont été utilisés : l'américain Chinook, amérisant et aromatique (notes de pin, d'agrumes et d'épices), l'américain citra (notes d'agrumes) et le japonais Sorachi Ace (citronné puissant et amertume prononcée). Autant dire qu'elle devrait avoir de la saveur...

La voici : 

Au visuel, elle présente une robe ambrée clair aux reflets dorés, trouble du fait d'une phase de refermentation en bouteille. Elle est surmontée d'un col de mousse blanche, épaisse, compacte et persistante.

Au nez, la mousse dégage des arômes puissants et bien fruités, aux notes de fruits exotiques et d'agrumes, avec des touches résineuses.

En bouche, le malt offre un moelleux brioché qui s'accorde en un bel équilibre avec la vivacité de saveurs de fruits exotiques. La fin de bouche est marquée par une amertume relativement puissante de pamplemousse, et correspond tout-à-fait au type IPA américaine, puissamment fruitée et amère.

Une IPA réussie, pas grand chose de plus à en dire. Elle ravit les connaisseurs du style (j'en ai quelques témoignages...), ce qui en dit long sur la qualité du travail fourni....


















lundi 1 février 2016

L'Elixkir ambrée, un classique qui sort de l'ordinaire

La brasserie Elixkir et son icône, le chanoine Félix Kir voulant maintenir secret son péché, sont une deuxième fois "à l'honneur" dans ces pages (si l'on peut parler d'honneur...). Cette fois-ci, c'est l'ambrée que je vais m'appliquer à décrire. C'est la première bière de cette brasserie que j'ai eu l'occasion de goûter, au mois d'août dernier. Alors, Guillaume, Amélia et leur brasserie faisaient leurs premiers pas et seule leur ambrée était prête à la consommation. J'aurais pu commencer mes descriptions par elle, mais il n'a jamais été marqué nulle part que je faisais les choses dans l'ordre. Cela se saurait... ;-)

Comme sa soeur blonde, il s'agit d'une bière de fermentation haute basée sur l'utilisation de plusieurs malts, qui lui donnent sa couleur. Elle titre 6 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. Les ambrées, comme les blondes ou les blanches, sont des classiques des brasseries artisanales, en Bourgogne comme ailleurs. Elixkir ne déroge donc pas aux classiques. Cependant, là où nous avons souvent affaire à des classiques ambrées douces, moelleuses et caramélisées, l'Elixkir ambrée sort de ces ordinaires, notamment grâce aux houblons utilisés : des "houblons du nouveau monde", des mots mêmes des brasseurs, aux saveurs d'un fruité et d'un épicé hors du commun.

Voilà ce classique hors de l'ordinaire : 


Au visuel, elle offre une robe d'un ambré intense aux reflets dorés, avec un très léger trouble. Le tout est surmonté d'un important col de mousse blanc cassé, crémeuse, persistante dans le verre.

Au nez, cet abondant col de mousse offre d'abord des arômes doux sur le caramel, très vite rejoints par des notes résineuses et de fruits exotiques prononcées.

En bouche, on retrouve ces notes caramélisées, mais de façon plus subtile. De fait, le corps est beaucoup plus axé sur les saveurs libérées par ces "houblons du nouveau monde", avec une certaine chaleur épicée et de fortes notes partagées entre agrume amère et résineux. L'amertume finale, prononcée, prolonge ces notes d'agrumes et de résine.

La tradition revisitée, telle pourrait être la description de cette bière. Nous avons là affaire à une bière de dégustation, sans conteste. grâce à ses agréables notes exotiques de houblons venus d'ailleurs. Elle révèle une certaine chaleur, qui la rend tout à fait agréable par temps frais. Mais il ne faut pas se priver de l'essayer bien fraîche en été. Et pourquoi pas avec de la charcuterie fumée, ou une salade d'agrumes.

mercredi 27 janvier 2016

Elixkir blonde, une petite blonde dijonnaise

Dijon a sa brasserie ! 

Bon, ce n'est pas un scoop, hein, puisque ça fait quand même bien presque un an qu'elle est lancée... Mais bon mieux vaut en parler tard que jamais, non ? 

Elle a été fondée au printemps 2015 par Guillaume Paysant et Amélia Bégrand, jeunes brasseurs de 25 ans. Issus d'un Master en "Procédés fermentaires", il semblerait, que leur objectif était bien défini depuis longtemps, ce qui les a mené à étudier le brassage à Belle-Île-en-Mer, en Belgique (Saint-Feuillien, Brasserie à Vapeur), et jusqu'en Norvège... C'est tout naturellement que le brassage est devenu un métier.

Bien qu'installés à Couternon, commune très proche de Dijon, ils se veulent brasseurs dijonnais, et donc leur brasserie et leurs bières se veulent dijonnaises de même. Et pour qu'il n'y ait pas de confusion, ils ont utilisé comme symbole une icône de la vie politique dijonnaise, qui a inspiré le nom de la brasserie : le chanoine Félix Kir, résistant dijonnais, maire de Dijon de 1945 à sa mort en 1968, figure populaire dijonnaise de l'après-guerre plus connue pour la boisson qu'il aurait inventée et à laquelle son nom fut donné, le Kir. Une figure bien plus connue pour ça que pour son amour de la bière, mais peut-être était-ce un péché secret, ainsi que l'indiquent les étiquettes des bières de la brasserie : "Le péché du chanoine".

Le présent article est consacré à l'Elixkir blonde, de fermentation haute, titrant 5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère destinée, d'après les brasseurs, aussi bien à l'amateur éclairé qu'au buveur de bière du dimanche. La voici : 


Au visuel, elle offre une robe dorée légèrement trouble, surmontée d'un léger voile de mousse blanche moyennement persistante.

Au nez, cette fine mousse exhale des arômes subtils de céréales légèrement maltées, type pain frais, accompagnés de touches florales.

En bouche, c'est une bière aux saveurs légères et, donc, plus rafraîchissante que véritablement de dégustation. Son effervescence modérée laisse place à des notes de céréales légèrement grillées, accompagnées de touches florales de houblon. Elle offre une amertume modérée mais rafraîchissante et herbacée en finale, bien persistante en bouche.

Une bière agréable par son côté rafraîchissant, qui satisfera effectivement n'importe quel amateur, qu'il soit averti ou "du dimanche", par ses saveurs légères et subtiles et son amertume sympathique. Plus rafraîchissante que véritablement de dégustation (ce qui n'engage que moi, hein...), elle est à recommander, tout comme sa petite soeur blanche, bien fraîche sur une terrasse de café sous un rayon de soleil printanier ou estival. 


vendredi 1 janvier 2016

Terre de Bières triple, la noire

L'occasion m'a récemment été donnée, à la faveur de Noël, de goûter une bière artisanale qui, pour une fois, ne vient pas de Bourgogne, du Nord de la France ou de Belgique. Elle vient du Sud de la Bourgogne : une terre de vin, le Beaujolais. Et oui, cette terre bien connue pour son Beaujolais Nouveau et, fort heureusement, pour d'autres breuvages de bien meilleure facture, produit aussi de la bière. De toute façon, pourquoi le Beaujolais ferait-il exception alors que la France entière voit naître de nombreuses brasseries chaque année ? Quoi qu'il en soit, il est rafraîchissant d'entendre parler du Beaujolais pour autre chose que du vin.

Il est question ici de la brasserie "Terre de Bières"(http://www.terredebieres.fr/), brasserie artisanale à la gamme de bières développée, comprenant une dizaine de références classiques (blanche, ambrée, blonde, brune), mais aussi plus spéciales (aux fruits, noire, rousse, de Noël, de printemps...). Et, comme l'indique le titre de cet article, c'est à la bière noire de cette brasserie que j'ai pu goûter : la "Terre de Bières triple", que voici : 


Il s'agit là d'une bière issue de malts fortement touraillés (chauffés à température très élevée, leur donnant une couleur très foncée et des saveurs grillées intenses, voire torréfiées), de fermentation haute, titrant 8 %  de teneur en alcool, ce qui en fait une bière forte. En alcool comme en saveurs. On la boira plutôt aux alentours des 9-10° C.

Au visuel, elle offre aux yeux une robe noire quasi-opaque, aux légers reflets allant de l'acajou au bordeaux, surmontée d'un col de mousse brun clair peu persistant.

Au nez, la mousse laisse s'échapper des arômes de céréales bien grillées, de chocolat noir et torréfiés, le tout accompagné de légères notes de fruits rouges.

En bouche, elle offre une texture veloutée, crémeuse, peu d'effervescence. Au niveau des saveurs, on retrouve les céréales grillées, sur un corps entre chocolat noir et café. La finale donne une amertume légère de café, et laisse échapper de légères pointes alcoolisées. Persistance moyenne sur le grillé.

On a affaire ici à une bière où les céréales sont omniprésentes, avec une prédominance grillée, voire torréfiée, bien affirmée. Elle est agréable, et tout à fait adéquate pour les froides soirées d'hiver. Peut-être manque-t-elle juste d'un peu de moelleux pour contrebalancer l'abrupt du grillé et des saveurs de chocolat noir et de café. Mais c'est en même temps ça qui en fait une bière de caractère.

mercredi 9 décembre 2015

La Chargeoise "En Aparté" : place à l'exotisme !

Je continue ma petite série consacrée à la brasserie franc-comtoise de La Rente Rouge, basée à Chargey-lès-Gray (Haute-Saône), avec sa Chargeoise "En Aparté", proposant "une parenthèse houblonnée".
Une parenthèse pleine d'exotisme par deux aspects, qui sont le mode de houblonnage de cette bière, et le bouquet qui découle en grande partie de cette façon de faire.
La Chargeoise "En Aparté" est effectivement en partie houblonnée selon la technique du "dry hopping" (ou houblonnage à cru) : elle consiste à ajouter une certaine quantité (selon les objectifs du brasseur) de houblon à la bière déjà fermentée au moins une fois. Le houblon étant ajouté à froid, il va pouvoir diffuser ses arômes de façon bien plus considérable dans la bière que lorsqu'il est ajouté lors de l'ébullition, celle-ci provoquant l'évaporation d'une grande partie de ces arômes.
Le(s) houblon(s) ajouté(s) - Mathieu Bernard, le brasseur de la Rente Rouge, tient à garder le secret sur leur identité - sont eux-mêmes exotiques du fait qu'ils ne sont pas européens mais américains, ou océaniens, ou asiatiques. Ce qui donnera à la bière un bouquet de saveurs de fruits exotiques, d'agrumes, de résine...
Ceci mis à part, il s'agit d'une bière de fermentation haute, ambrée, titrant 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une  bière semi-forte, qu'on boira aux environs de 8° C.

La voici :


Au visuel, elle arbore une robe ambrée foncée aux reflets cuivrés, légèrement trouble, surmontée d'un col de mousse blanc cassé plutôt épais et persistant. Rien que ce col persistant lui donne déjà un aspect attrayant.

Au nez, ce col de mousse dégage des arômes tout aussi attrayants pour qui est un amateur de bières curieux de connaître autre chose. Elle dégage des arômes légers mais fruités (fruits exotiques) et résineux de houblon. Le tout accompagné de pointes grillées venues du malt.

En bouche, l'entrée se fait sur la douceur et le moelleux donnant sur un corps aux saveurs de fruits exotiques accompagnées de notes caramélisées et grillées. On finit sur une amertume résineuse franche et une persistance assez longue sur le résineux et le grillé. 

Une ambrée aux saveurs d'ailleurs, type IPA (on en reparlera...), bien agréable, entre douceur exotique et amertume atypique. Et pour l'accompagner, Mathieu Bernard préconise des choses qui aient du goût, comme des fromages à croûte lavée forts comme de l'Epoisses, du Langres, du Livarot, du Maroilles, ou encore de la boulette d'Avesnes - bref, que des petites choses très... aromatiques -, ou de la volaille.