mercredi 24 janvier 2018

L'Arquebuse, nouvelle micro brasserie dijonnaise

Eh oui, ça y est, Dijon abrite désormais une brasserie artisanale à l'intérieur même de ses murs. Il en existait déjà un certain nombre autour de la Capitale des Ducs de Bourgogne, dont la plus proche est la bien connue Elixkir. Mais ce coup-ci, et pour la première fois depuis bien longtemps, il en est une qui s'est installée intra-muros. 

C'est en effet tout récemment, le 1er décembre 2017, que Didier le brasseur, sa conjointe Julie et leur copain Idriss ont inauguré et ouvert les portes de la Micro Brasserie de l'Arquebuse (que les puristes ne s'offusquent pas : micro et brasserie ont été séparés à dessein, la brasserie s'intitulant comme tel). Si vous ne la connaissez pas encore, peut-être à mon instar vous doutez-vous de l'endroit où se situe cette nouvelle brasserie ? Si, comme moi lorsque Nicolas Seyve de la Brasserie Belenium m'en parla il y a plus de deux mois, vous pensez que cette brasserie se trouve à proximité des Jardins de l'Arquebuse près de la gare de Dijon-Ville, eeeh ben vous avez tort ! Elle se trouve en fait Boulevard de Strasbourg, à proximité directe de la Place du 30 Octobre.

Mais alors pourquoi ce nom, vous demanderez-vous certainement, ainsi que je l'ai demandé lors de ma visite à la Micro Brasserie de l'Arquebuse. C'est tout simplement le fait d'un pan de l'histoire commune de Didier et Idriss. Nombreux furent leurs allers-retours professionnels Dijon-Paris en train, et donc les fois où leurs yeux se posèrent sur les Jardins de l'Arquebuse. Et long fut le temps qu'ils passèrent à réfléchir, dans ce même quartier, à l'idée de créer leur brasserie, et à y chercher un local pour s'installer. Après de longues et vaines recherches, ils ont fini par en élargir le champ et ont finalement trouvé LE local : un ancien local de plombiers-zingueurs, au fond de la petite cour du 8 boulevard de Strasbourg.

Une organisation efficace

Ce grand local, apte à accueillir des groupes importants de biérophiles, peut cependant paraître bien vide au premier abord quand on est un visiteur isolé tel que moi. Pour autant, il a été agencé de façon à ce que l'organisation du travail soit la plus efficace.


Tout un circuit a été aménagé autour de la cuve de brassage. Tout part du grenier à malts, où ces derniers sont moulus avant de partir direction la cuve de brassage, centrale dans l'installation. De la marque Braumeister, d'une capacité de 500 litres, cette dernière sert de cuve d'empâtage, de filtre et de cuve d'ébullition. Une fois refroidi au serpentin refroidisseur, le moût est envoyé en cuves de fermentation thermo-régulées (comme ça, pas besoin de les stocker dans une salle tempérée, pratique non ?) durant plusieurs jours pour la fermentation initiale. Il s'agit des quatre cuves situées en arrière-plan. Suite à la fermentation, le moût est resucré en vue de la refermentation qui aura lieu en bouteille. L'embouteillage qui suit se fait sur un "groupe" intégrant l'embouteillage, le capsulage et l'étiquetage des bouteilles (il se trouve derrière les cuves de fermentation). Une fois embouteillée, la bière est mise à maturer en caisses plastiques, en chambre tempérée, durant trois semaines.

Ainsi, tout un circuit est respecté, qui commence au grenier à malts et se termine dans la zone de stockage (après la maturation en chambre tempérée)... à côté du grenier à malts. Tout ce circuit est suivi dans le respect de plusieurs leitmotivs martelés par Didier : organisation visant à perdre le moins de temps possible, économies d'énergie, recyclage (eaux et produits de lavage, recyclage des drêches : à ce propos, la brasserie cherche des éleveurs intéressés par la reprise de ses drêches, afin de ne pas avoir à les jeter purement et simplement), limitation du gaspillage. Et avant tout - surtout ! - de l'hygiène ! Ce qui est, et doit être, le crédo de base de tout brasseur, s'il cherche à faire de la bonne bière en tout cas... Ce qui fait d'ailleurs dire à Didier : "Il faut que ceux qui disent que les brasseurs sont des poètes arrêtent ! On joue avec les malts et houblons, certes, mais entre chaque étape de brassage on nettoie, on désinfecte, on rince... Je me sens peu poète quand je rentre le soir avec les mains qui sentent le désinfectant !". Mais il a rapidement ajouté : "l'essentiel, après une journée de brassage, c'est surtout de se retrouver autour d'un produit qu'on aime boire, pour un petit plaisir simple !"

Simplicité, accessibilité

Et c'est là que l'on retrouve un autre principe que Didier est prêt à marteler tant qu'il le faudra. De fait, ma visite s'est bien évidemment terminée au bar de la petite showroom où, tout comme je dégustais la Dijonneige - petite blanche ronde et doucement épicée -, Didier m'a exposé sa philosophie en quelques mots. Les bières de l'Arquebuse sont des breuvages dont la recette ne cherche pas l'extravagance ou la démesure, contrairement à celles de beaucoup de confrères qui s'ingénient à repousser les limites de l'imagination et de la créativité débridée. Ainsi, les bières de la micro-brasserie de l'Arquebuse n'ont pas la prétention d'être des monstres de complexité. "A la fin de ma journée, je veux juste boire une bière ! C'est pour ça que les bières de l'Arquebuse seront sans prétention, simples, équilibrées. On doit sentir les céréales, autant que le houblon." A l'Arquebuse, on veut proposer des bières simples, accessibles même aux palais les moins aguerris qui aiment juste boire une bière pour le plaisir, sans chercher toujours plus loin les notes les plus complexes, comme je me prends souvent la tête moi-même à le faire. Autrement dit des bières agréables au plus grand nombre, toutes générations confondues.

Et c'est suivant ces principes simples que trois bières sont actuellement proposées à la brasserie : la Dijonneige blanche, la P30 blonde et l'Arquebusier brune, que je m'amuserai à vous commenter prochainement. A noter que si les ingrédients ne sont pas tous locaux (c'est impossible), le matériel, les bouteilles, les étiquettes viennent du coin. Et ce jusqu'au design des étiquettes, oeuvres d'un artiste dijonnais nommé Julien Binet, alias J'Ju pour les intimes.


Cette nouvelle brasserie artisanale, réellement dijonnaise cette fois, cherche donc uniquement la simplicité et l'accessibilité du produit, de la production, de la dégustation et de l'approvisionnement : une brasserie de quartier à l'ancienne, où le système de la caisse consignée est remis au goût du jour. Elle n'est plus en bois, mais en plastique, elle permet le transport aisé des achats jusqu'à la voiture, ou jusqu'à l'appartement d'à côté. Simple, pratique, efficace, elle permet aussi de faire des économies de carton...
Les maîtres mots à retenir : écologie, efficacité, simplicité, accessibilité. Ceci étant dit, souhaitons longue vie aux nouveaux venus de la scène brassicole bourguignonne ! 

Où retrouver les bières de l'Arquebuse ? 
  • A la brasserie bien évidemment, 8 boulevard de Strasbourg, ouverture les vendredi et samedi soirs.
  • dans un réseau "qui nous ressemble" (dixit Didier) où se retrouvent, parmi d'autres, L'Essentiel (restaurant "bistronomique" dijonnais), Le Cellier (bar dijonnais), le restaurant O'Bannelier, la cave des Saverney à Fontaine-lès-Dijon, le Beer Country qui n'aura certainement jamais eu de fournisseur aussi proche de lui...
  • Et bien d'autres à retrouver sur la page Facebook de la brasserie : www.facebook.com/microbrasseriedelarquebuse/

dimanche 21 janvier 2018

Gregorius, puissante trappiste autrichienne

Juste une petite bafouille rapide pour parler, aujourd'hui, d'une nouvelle expérience internationale. J'avais déjà entendu parler, à de rares moments, de l'Abbaye trappiste d'Engelszell en Autriche. Eh bien elle est récemment arrivée jusqu'à nous avec trois bières issues de sa gamme, dont ladite Gregorius.

Il s'agissait jusqu'à maintenant d'une telle rareté, et comme on ne sait pas jusqu'à quand elle sera accessible, elle mérite qu'on en parle un peu. Voilà une bière des plus puissantes, type quadruple, de fermentation haute et refermentée en bouteille avec, semble-t-il, moult levures, le «lit» de levure au fond de la bouteille s'étant révélé important. Elle titre 10,5 % de teneur en alcool, ce qui la classe parmi les bières très fortes. On la dégustera à une température plutôt élevée, autour des 12 à 14° C (à mon humble avis comme toujours...).

La voici : 



Au visuel, elle se pare d'une robe brune, d'un brun plutôt clair, mais assombri par un trouble important (rappelez-vous, le gros «lit» de levure...). La tête de mousse est ivoire, légèrement collante en très fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, les arômes sont assez discrets, mais révèlent des notes corsées de fruits secs et torréfiées. Cela s'accompagne de pointes alcoolisées marquées aux notes de fruits cuits macérés dans l'alcool, et d'autres plus douces de caramel beurre salé.

En bouche, l'entrée est vive et légèrement acide. Le corps est puissant, relevé, aux saveurs corsées, où l'on retrouve la torréfaction et les fruits secs ainsi que les notes toastées et caramélisées des malts utilisés. Une puissance due aussi à des notes épicées, ainsi qu'à une forte chaleur alcoolisée aux notes faisant penser à des liqueurs, voire des alcools de fruits (alcool de prune...). L'amertume semble plutôt puissante, mais masquée par une chaleur alcoolisée prononcée. Une amertume malgré tout persistante, disputant la persistance en bouche avec la chaleur de l'alcool.

Une sacrée puissance pour cette bière d'abbaye, relevée et très chaleureuse. Plutôt séduisante. Si j'ai une réserve à faire, je dirais que l'équilibre pêche un peu du fait d'une présence un peu trop affirmée de l'alcool. Mais c'est la seule. Sa puissance accompagnera bien des plats puissants de gibier en sauce, ainsi que des fromages qui en jettent, comme un Comté 36 mois, un Epoisses ou un Ami du Chambertin bien affinés. Ou encore un fromage d'abbaye (Cîteaux, Tamié...) très affiné et puissant.



mardi 9 janvier 2018

La Mandubienne ambrée, tout en douceur

Il y a déjà pas mal de temps, j'avais commencé à écrire sur les bières de la Brasserie artisanale des Trois Fontaines, avec une bafouille sur la Mandubienne blonde, mais je n'avais jamais continué. La Brasserie a pourtant fêté fin-2016 ses 15 ans. Et depuis 16 ans (eh oui, les 15 ans, c'était déjà il y a un an...), Virgile Berthiot et son épouse la font vivre grâce à une gamme qui a peu varié mais qui a fait ses preuves et dont le succès est toujours intact. Cette gamme créée au sein de la brasserie, la Mandubienne, n'est certainement plus une inconnue depuis longtemps chez les amateurs bourguignons de bière artisanale.

"Mais pourquoi écrire sur cette gamme archi-connue ?", se demanderont peut-être ces derniers... Elle est très connue, certes, mais y a-t-il beaucoup d'écrits la concernant ? Pas sûr... D'un autre côté, il existe encore aujourd'hui nombre d'amateurs de bières qui ne sont pas encore passés à l'artisanal, et auxquels il faut vanter les produits qui valent le coup ! Et la Mandubienne, bien que maintenant confortablement installée dans le paysage brassicole bourguignon, mérite d'étendre encore le nombre de ses amateurs, ne serait-ce que pour sa constance qualitative depuis 16 ans.

Et ne serait-ce de même que par respect pour cette brasserie et ses fondateurs, qui furent parmi les pionniers du retour de la brasserie artisanale en Côte-d'Or et en Bourgogne. Et ce contre la toute-puissance du vin, prépondérant dans la région depuis des décennies. Tout simplement...

Et cette fois-ci, parlons un peu de la Mandubienne ambrée. Je l'ai personnellement "rencontrée" il y a un peu plus de 12 ans, lors de ma toute première visite de la brasserie en août 2005. Et depuis, je l'ai régulièrement "revue" et vendue lorsque j'étais revendeur actif (ce que j'espère redevenir dans un avenir relativement proche... à suivre !). Elle est brassée à base de malts pâle et plus foncé, caramélisé. Le houblon utilisé est plutôt discret, aux notes herbacées. Je n'en connais pas l'identité, donc je ne peux m'étendre davantage dessus. Elle est de fermentation haute et refermentée en bouteille ensuite. Elle titre 7% de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte qu'on dégustera idéalement (à mon humble avis, comme d'habitude) aux alentours des 7-8° C.

La voici :


Au visuel, la robe est ambre foncée, trouble, traversée de reflets allant du dorés - à la base du verre - à plus sombres et cuivrés en remontant vers la surface. Sa tête de mousse ivoire fine, exubérante, s'atténue rapidement en laissant de petits bouts de dentelle collés à la paroi du verre. Longue persistance en un fin voile.

Au nez, on sent une forte présence d'arômes maltés aux notes douces de céréales, se traduisant par un caractère toasté et caramélisé. Et cela s'accompagne de notes légèrement miellées et de fruits secs.

En bouche, l'entrée est légèrement pétillante, suivie d'un corps doux et rond, aux saveurs céréalières prononcées, caramélisées et de pain grillé, accompagnées de notes plus discrètes de fruits secs tels que la noisette. Une petite touche alcoolisée réchauffe le tout. L'amertume de fin de bouche, très légère, se traduit en notes herbacées. Peu persistante, elle laisse plus de durée en bouche aux tons doux et caramélisés de cette bière.

Un petit plaisir simple reste un petit plaisir. Voilà une bière qui correspond tout à fait à un petit plaisir simple. Ses saveurs, encore relativement légères pour une bière assez foncée, sont rondes et douces. Non trop complexes, elles forment une introduction intéressante aux bières artisanales pour les amateurs encore non-avertis, tel que je l'étais moi-même il y a une douzaine d'années. Mais beaucoup de palais plus aguerris, parmi mes connaissances - et moi-même aussi -, aiment à y revenir régulièrement pour le plaisir. Dans l'océan de plus en plus houblonné où nous baignons actuellement, avec des bouquets fruités et floraux de plus en plus prononcés, et des amertumes souvent très marquées, il peut être sympa de revenir de temps en temps à quelque chose de plus classique et doux. Voilà une bière qui se mariera bien à des repas de viande grillée ou en sauce, à du formage à pâte pressée tel que du Morbier affiné ou à croûte lavée léger comme du Soumaintrain. Au dessert, pourquoi pas une simple crème caramel.

Petit rappel des coordonnées de la brasserie :
Brasserie des Trois Fontaines
17 rue de La Plucharde
21110 Bretenière
03 80 79 20 12
brass3fontaines@gmail.com

On peut retrouver les bières de la Brasserie des Trois Fontaines à Dijon, chez Bières des Terroirs rue Crébillon, quartier Zola-Monge (http://www.bieresdesterroirs.fr/).
Ou encore au Comptoir des Bières, 138 ter avenue Roland Carraz, à Chenôve (21300), 03 80 51 57 26, www.comptoirdesbieres.net.
Et bien sûr à la brasserie même...
Et sûrement chez bien d'autres que je ne connais pas, qu'ils se dénoncent ! ;-)

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mercredi 3 janvier 2018

Amour pour l'amer chez Elixkir

"Encore Elixkir !", vous direz-vous, "mais c'est une obsession chez ce type-là !"
Non... Je décline toute responsabilité pour l'imagination débordante et le talent de Guillaume et Amélia ! Eh oui, c'est encore Elixkir que je mets à l'honneur. Mais rassurez-vous, je devrais pouvoir diversifier un peu mes publications dans les semaines à venir.

Il est question, pour cette bafouille, de l'une des dernières créations de cette jeune brasserie. Après La Part des Hommes #4 il y a quelques jours, voici donc l'Elixkir Double IPA. Elle est sous-titrée "Par Amour Pour l'Amer", ce qui représente tout un programme... Guillaume et Amélia s'étaient déjà montrés doués avec leur IPA, ainsi que leur blanche IPA. Eh bien, une fois de plus, c'est gagné. En ce qui me concerne en tout cas...

Comme Elixkir fait partie de ces brasseries qui donnent certains détails sur les ingrédients de leurs breuvages, profitons-en. Comme dans toute bière, la base est forcément faite de malt d'orge, pâle pour la plus grosse partie (seul type de malt dont les enzymes dont à même de donner leur maximum pour la libération des sucres fermentescibles dans le moût). Il est sûrement accompagné de malts plus sombres, la blondeur n'étant pas la couleur caractérisant cette bière. Mais l'orge n'est pas la seule céréale maltée à avoir permis le brassage de cette bière. On y trouve aussi du malt d'avoine, utilisé pour donner des saveurs plus complexes à la bière, et lui apporter plus de corps. Enfin, on y trouve du malt de blé, malt améliorant lui aussi la richesse du corps, mais aussi la tenue de la mousse.
Par la suite, plusieurs houblons sont aussi utilisés, qui annoncent la couleur sur les saveurs de cette bière. Par ordre alphabétique, commençons par le houblon Amarillo, originaire des USA, aromatique et/ou amérisant., développant des arômes floraux (fleurs sauvages) et fruités (mandarine et tangerine, type d'agrume proche de la mandarine). Citons ensuite le houblon Citra, originaire des USA, aromatique, aux notes tropicales (agrumes), et de pêche.Vient ensuite le houblon Mozaïc, américain, aromatique et/ou amérisant, aux notes d'agrumes, de fruits tropicaux et de fruits rouges. Il développe aussi des notes plus dures, herbacées, terreuses, de pin, enfin des notes de pamplemousse pour l'amertume. Enfin, le houblon Simcoe, américain encore, aromatique et/ou amérisant, aux notes de fruits de la passion, d'abricot et de pin, pamplemousse pour l'amertume.
De fermentation haute, cette bière est refermentée en bouteille et titre 8.8 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière forte. Je propose de la déguster fraîche (mais pas trop), aux alentours de 8 à 9°C. 

La voici : 


Au visuel, elle arbore une robe ambrée au léger trouble, traversé de reflets orangés. Sa tête de mousse est blanc cassé, compacte, de consistance presque crémeuse, bien collante en larges dentelles, bien persistante en un épais col.

Au nez, les arômes sont prononcés. C'est une explosion de notes tropicales, notamment de mangue et fruits de la passion, sans oublier les agrumes. Le tout accompagné de notes biscuitées de malt et d'une pointe résineuse.

En bouche, l'entrée est finement effervescente, de texture onctueuse et riche. Elle est suivie d'un corps puissant et rond développant de fortes notes de fruits exotiques, où on retrouve des saveurs de mangue prononcées, mais aussi de papaye, ainsi que les fruits de la passion. La suite est un peu plus sèche, florale et résineuse, avant une amertume tranchante et prononcée, mêlant notes herbacées et de pamplemousse. 

Un vrai plaisir ! Une bière de texture riche, ronde, d'un fruité prononcé des plus agréables. Pour équilibrer cela, il fallait une amertume prononcée, sans laquelle l'ensemble l'ensemble eut été écoeurant. Défi relevé et réussi haut la main. Pour l'accompagner, plusieurs suggestions comme du gibier tel que du canard ou du sanglier. Côté poisson, du saumon fumé (c'est la période...), mais aussi de la charcuterie fumée. Au fromage, pourquoi ne pas essayer avec un Langres bien fait ou un vieux Comté, ou encore du Régal de Bourgogne à la papaye pour plus de douceur. Au dessert, j'imagine bien une salade de fruits exotiques, ou un simple bout de chocolat blanc.

Petit rappel pour ceux qui veulent en savoir plus sur Elixkir : https://www.brasserieelixkir.fr/

On peut retrouver les bières d'Elixkir à Dijon, chez Bières des Terroirs rue Crébillon, quartier Zola-Monge (http://www.bieresdesterroirs.fr/).
Ou encore, pour l'Elixkir IPA ou l'Elixkir ambrée, à la crémerie La Grapillotte, 26 rue Monge à Dijon, ainsi qu'à la crémerie-restaurant La Grapillotte, 5 rue des Grandes Varennes à Ahuy (21121).
Et bien sûr à la brasserie même, 9C rue de l'Artisanat à Couternon (21560).
Et sûrement chez bien d'autres que je ne connais pas, qu'ils se dénoncent ! ;-)

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dimanche 31 décembre 2017

La Part des Hommes #4, #encoreuneréussite

Elixkir, cette petite brasserie dijonnaise que j'ai déjà évoquée une fois ou deux - par-ci, par-là (je vous renvoie à la flopée de liens en fin de bafouille)... - frappe et re-frappe de grands coups. L'un des derniers en date (ben non, ce n'est pas le seul, faut pas déconner !) est la quatrième édition de ses cuvées éphémères vieillies en fûts, La Part des Hommes.

Je vous dispense de la présentation de la brasserie, hein ? Vous la connaissez, re-connaissez et re-re-connaissez... Et si non, ben rebelote, je vous renvoie aux liens de fin de bafouille.

En revanche, vous n'échapperez pas à une petite présentation du breuvage, moindre des choses. Comme pour les deux premières éditions de La Part des Hommes, la base de cette petite dernière est l'Elixkir triple, que j'ai déjà présentée il y a plus d'un an et demi, et dont le succès ne se dément pas aujourd'hui (voir Elixkir a sa triple !). Titrant normalement près de 9 % de teneur en alcool par volume, elle est sortie plus forte de sa maturation en fût, titrant près de 10 %. D'une part du fait de l'absorption de l'alcool imbibant encore le bois du fût, d'autre part du fait de l'évaporation d'une partie de l'eau de la bière (pour plus de détails : Elixkir a encore frappé !). Cette version là a mûri douze mois en fût de vin blanc de Bourgogne, du Pernand-Vergelesses pour être précis. Un vin connu pour son bouquet floral et légèrement miellé et épicé en vieillissant, ainsi que sa minéralité. De fermentation haute, elle est mise à refermenter en bouteille, notamment afin de lui donner un peu d'effervescence et de compléter l'alcoolisation. Comme le vin qu'a contenu son fût de maturation, elle peut éventuellement être destinée à vieillir un peu (si vous arrivez à la faire vieillir sans la boire...). Titrant donc 10 % de teneur en alcool, je la qualifie de bière très forte. On la dégustera, à mon humble avis comme toujours, à température de cave, ou légèrement plus élevée à 14 ou 15° C. Comme le vin qu'a contenu son fût de maturation encore une fois, la boire trop fraîche casserait ses arômes.

La voici : 


Au visuel, sa robe est de couleur ambre claire, légèrement trouble, traversée de reflets dorés. Elle est surmontée d'une tête de mousse blanc cassé fine, bien collante en longues et larges dentelles, persistante en un fin voile. Un col de mousse des plus intéressant, du type que l'on ne voit pas régulièrement : lorsqu'on le promène sur la paroi du verre en inclinant ce dernier, il laisse sur place des traînées de fines bulles qui remontent beaucoup plus lentement. Peut-être n'est-ce qu'un détail, mais il m'a fait une belle impression.

Au nez, on peut sentir s'échapper de ce col de mousse particulier des arômes qui se révèlent vineux d'entrée avec des notes florales et terreuses, minérales, avec des pointes de fruits fermentés (raisin) et confits, ainsi qu'une certaine acidité citronnée. Le tout environné d'arômes plus doux, biscuités et caramélisés.

En bouche, l'entrée est de texture onctueuse et très légèrement effervescente, mais dévoile rapidement une certaine acidité propre au vin blanc, presque citronnée ici. Le corps, puissant, se partage entre les saveurs douces et moelleuses du côté malté de la triple et celles plus vives, fruitées et florales du vin blanc. On n'échappe évidemment pas à bonne dose de notes boisées, ainsi qu'à d'autres légèrement terreuses. Si l'on excepte l'onctuosité perçue en entrée de bouche, le côté vin blanc est bien perceptible (une fois de plus, le fût a joué son rôle à plein) et donne un ton acide et relativement sec à cette bière. En fin de bouche, on perçoit une fine et légère amertume, herbacée et légèrement fruitée (agrumes), masquée par l'acidité du breuvage. Peu persistante, elle laisse la place à une plus longue persistance des notes vineuses. le côté alcoolisé ne se laisse bien évidemment pas oublier, mais la chaleur qui en découle se fait discrète.

#encoreuneréussite Eh oui, une belle réussite de plus, qui se distingue encore bien de ses devancières, par son fût de maturation bien évidemment, mais aussi par son acidité et sa relative sécheresse. N'était la légère pétillance et l'onctuosité du début de bouche, tout cela ferait presque se demander si c'est bien de la bière, ou si c'est du vin blanc, qu'on a en bouche. Elle se distingue aussi du fait d'une chaleur alcoolisée moins perceptible que pour les précédentes éditions. Ces douze mois en fût de Pernand-Vergelesses ont sympathiquement métamorphosé cette triple pour en faire, une nouvelle fois, un produit d'exception. Bref, si l'occasion se présente de tenter l'expérience, il faut la saisir ! 

Petit rappel pour ceux qui veulent en savoir plus sur Elixkir : https://www.brasserieelixkir.fr/

On peut retrouver les bières d'Elixkir à Dijon, chez Bières des Terroirs rue Crébillon, quartier Zola-Monge (http://www.bieresdesterroirs.fr/).
Ou encore, pour l'Elixkir IPA ou l'Elixkir ambrée, à la crémerie La Grapillotte, 26 rue Monge à Dijon, ainsi qu'à la crémerie-restaurant La Grapillotte, 5 rue des Grandes Varennes à Ahuy (21121).
Et bien sûr à la brasserie même, 9C rue de l'Artisanat à Couternon (21560).
Et sûrement chez bien d'autres que je ne connais pas, qu'ils se dénoncent ! ;-)

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lundi 11 décembre 2017

La Part des Hommes #3, une "collab" de classe !

Je ne suis pas forcément coutumier d'arriver à l'avance, voire même à l'heure. C'est aussi le cas pour l'arrivée des nouvelles bières... Et ce n'est pourtant pas faute d'être passionné ! Bref, j'ai failli louper le dernier monument de la Brasserie Elixkir : La Part des Hommes #3 ! Autrement dit, la troisième version des cuvées éphémères de la brasserie vieillies en fût. Je suis arrivé très largement après sa sortie. Et Guillaume a eu la grande gentillesse de m'en sortir une de sous ses fagots secrets. Pour mon plus grand plaisir...

Au-delà de son nom de La Part des Hommes, elle se sous-intitule très poétiquement "Aime moi tendre, aime moi vrai". Sans doute parce qu'elle est issue d'une "collaboration tendre et vraie", ainsi qu'il est inscrit sur l'étiquette de la bouteille, entre Amélia et Guillaume et leurs copains de la Brasserie du Pays Flamand, située à Blaringhem dans le Nord (Gammes Anosteké, Wilde Leeuw, Bracine... www.brasseriedupaysflamand.com), et du Barallel à Toulouse (bar à vins et à bières, cave à vins et à bières, micro-brasserie, www.barallel.com).

Il s'agit d'une "collab", comme on appelle cela, semble-t-il, dans le jargon branché des artisans-brasseurs nouvelle génération. Une pratique consistant pour ces derniers à mettre leurs compétences et talent en commun pour sortir des produits exceptionnels (au sens de cuvée éphémère) et d'exception (au sens qualitatif). La pratique des collab ne date cependant pas d'hier, loin de là. Mais après avoir été popularisée, en particulier, par la brasserie danoise Mikkeller (un tour du monde de "collab" à elle toute seule), elle s'est nettement développée ces dernières années avec la multiplication des brasseries et micro-brasseries artisanales en France et partout dans le monde.

E si l'amitié entre les brasseries Elixkir, du Pays Flamand et Barallel est aussi forte et qualitative que le fruit de leur collaboration, leurs créateurs ont une chance extraordinaire. Ce produit exceptionnel est réellement un produit d'exception. Je suis sûr que cette déclaration sur l'amitié a dû vous tirer une larme d'émotion... Non ? Bon tant pis... Passons alors ! 

Pour cette troisième cuvée, la recette de base a été repensée. Les deux premières éditions avaient pour base la triple d'Elixkir. Ici, il s'agit d'un barley wine, ou vin d'orge (pour éventuellement en savoir plus sur ce style, je vous renvoie à l'une de mes anciennes bafouilles : La Burgonde 10 : la Bourgogne fait aussi du vin d'orge. Ben oui, faut pas déconner, je ne vais pas écrire 50 fois les mêmes choses, vous trouvez sûrement mes bafouilles déjà assez longue comme ça...), ce qui donne déjà une petite idée de la puissance du truc... Nous sommes donc face à un barley wine, bière de fermentation haute puissante, mûrie six mois en fût de Bourbon Buffalo Trace. Ce Bourbon américain (Kentucky) plutôt réputé, issu d'un moût de seigle, d'orge et de maïs, développe des notes caramélisées, vanillées, fruitées (pomme, agrumes...), épicées et de cannelle (source : www.whisky.fr). Après refermentation en bouteille, cette bière titre 11.2 % de teneur en alcool. Ce qui en fait une bière très forte qu'on dégustera idéalement à 14-15° C pour profiter au mieux de ses flaveurs.

La voici, du moins la bouteille... Tellement pressé de la déguster, je n'ai pas pensé à la prendre en photo dans son verre et après... ben, il était trop tard.



Au visuel, sa robe est cuivrée à rubis en remontant de la base du verre au col de mousse, trouble, traversée tout de même de reflets cuivrés. Mousse de consistance crémeuse, ivoire aux teintes beiges, bien collante en longues dentelles entremêlées, persistante en un fin col.

Au nez, les arômes se sont révélés relativement discrets au premier abord. Mais une fois développés, ils ont dévoilé des notes alcoolisées vanillées, caramélisées et boisées, avec même une pointe fumée et une touche épicée. Le tout s'accompagne d'arômes de fruits alcoolisés cuits, type prune, pomme ou poire.

En bouche, l'entrée est légèrement pétillante. Le corps est rond et d'une puissance suffisante pour occuper durablement - et agréablement - le palais : saveurs alcoolisées marquées évoquant, pêle-mêle, les fruits cuits comme la pomme ou macérés dans l'alcool comme la prune et la poire encore une fois, mais aussi la vanille et le caramel, le tout environné d'une pointe fumée et épicée non-négligeable. En fin de bouche, l'amertume est légère, supplantée par la rondeur, la chaleur et la puissance alcoolisées du corps, mais révèle un caractère grillé et légèrement herbacé. Peu persistante, elle laisse la place à une belle longueur chaleureuse.

Encore une réussite (bizarrement, j'ai l'impression de me répéter, s'agissant d'Elixkir...) ! Un barley wine d'une belle puissance. Le fût qui l'a abrité durant six mois a une fois de plus magnifiquement joué son rôle. Je me suis évidemment régalé de ce produit issu d'une "collab" de classe ! A savourer tant à l'apéritif qu'au repas, au fromage ou au dessert : avec des amuses-bouches épicés, un bon plat de gibier en sauce bien mijoté, un bon morceau de roquefort ou de fourme de Montbrison, un chèvre bien affiné et sec, ou encore un Epoisses ou un Maroilles très affinés. Au dessert, du gâteau au prunes confites, une tarte Tatin avec une bonne boule de glace vanille, ou encore une crème brûlée tout simplement.

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dimanche 10 décembre 2017

Une petite blonche ?

Non, il n'y a pas d'erreur dans le titre ! On parle bien d'une bière. La bière blonche ! 

Blonche ? pourquoi blonche ? 
"Quoi ma blonche ? Qu'est-ce qu'elle a ma blonche ?", demanderait un illustre inconnu qui vient de quitter ce monde, un décès passé totalement inaperçu d'ailleurs...

C'est la question que Christophe Roulliaud a dû entendre quelques centaines de fois depuis la fondation de sa brasserie, l'Escargote, il y a quelques mois.

"En résumé, c'est une blonde blanche..."

Mais inlassablement, Christophe le répète : "C'est la première version de ma blonde actuelle, elle était trop claire, à la façon d'une blanche ; je l'ai retravaillée, mais j'ai conservé cette première version. En résumé, c'est une blonde blanche, d'où son nom de Blonche." Et effectivement, elle ne peut être qualifiée de blanche, witbier, wheat beer ou weizenbier (ou encore weissbier), puisqu'à sa base, le froment ou le blé maltés (ou pas) ne figurent pas. 

Elle se distingue aussi des blanches par une acidité prononcée qui la rend très particulière, presque vineuse, semblable à un vin blanc mousseux, légèrement terreux. De fermentation haute, refermentée en bouteille, elle titre 5.3 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère, à consommer relativement fraîche, autour de 5-6° C.

La voici : 


Au visuel, la robe est blond pâle et trouble, faisant vraiment penser à une blanche, reflets dorés traversés d'une fine effervescence. Tête de mousse blanche, fine, non-collante, peu persistante.

Au nez, les arômes se révèlent, comme je l'annonçais plus haut - et comme Christophe me l'avait d'emblée annoncé lui-même -, d'un acidulé prononcé fruité aux notes vineuses entre cidre et vin blanc mousseux. On ressent des pointes herbacées, légèrement épicées et iodées.

En bouche, l'entrée est vive, sèche et acidulée. La suit un corps acidulé aux saveurs florales et fruitées de fruits jaunes (raisin, pomme verte), le tout environné de notes sèches vineuses du style cidre brut ou blanc mousseux. Très légère amertume herbacée en fin de bouche, peu persistante mais rafraîchissante.

Une forte acidité qui peut se révéler rafraîchissante. J'ai eu l'occasion de goûter, une fois dans ma vie, un lambic de la brasserie bruxelloise Cantillon. Son acidité pouvait presque donner des frissons. On en est pas loin avec cette bière, bien que n'étant pas de fermentation sauvage. Une bière très particulière, qui semble avoir trouvé son public. Elle peut convenir aux amateurs d'apéritifs pétillants, ou à ceux qui n'aiment pas la bière pour son amertume. Elle peut s'accompagner de poisson grillé avec un filet de citron des fruits de mer, des fromages tels que du Brillat-Savarin jeune ou du bleu doux type Bresse, ou encore du sorbet.

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