lundi 14 septembre 2015

La Vitteaux blonde

La Vitteaux blonde, comme la Burgonde 10 et la Vitteaux "Printemps" que j'ai déjà eu l'occasion de présenter, est brassée de manière artisanale à la Brasserie Burgonde, basée à Vitteaux (Côte-d'Or). La brasserie exerce son art depuis 1999, sous la direction du brasseur Nicolas Bretillon. Elle s'appela tout d'abord Brasserie du Roy jusqu'en 2003, puis association des brasseurs amateurs de l'Auxois (2004-2007).

La Vitteaux blonde a traversé toute l'histoire de la Brasserie Burgonde puisqu'elle fut parmi les deux premières créées, en 1999, avec la Vitteaux ambrée. Il s'agit, comme ses soeurs, d'une bière de fermentation haute. Elle est non-filtrée après la fermentation, ni pasteurisée, d'où son trouble naturel. Elle est refermentée en bouteille, d'où le "lit" de levure que l'on peut constater au fond de la bouteille. Cela permet notamment de conserver la bière longtemps au frais, mais aussi de faire évoluer son goût au fur et à mesure du temps. En grand passionné, Nicolas Bretillon l'a toujours brassée dans le respect des traditions du brassage artisanal, d'où un succès qui ne se dément pas... depuis le siècle dernier ! 

Elle titre 6 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. Nicolas Bretillon conseille de la déguster idéalement entre 10 et 12° C. 

Une température conseillée qui, au passage, tord le cou à cette tenace croyance qu'une bière se boit forcément à basse température, voire glacée. Je n'ai jamais beaucoup insisté là-dessus, mais il faut savoir que très nombreuses sont les bières qui ne se boivent PAS très fraîches ou glacées ! Une température de consommation trop basse , comme s'agissant du vin, casse les arômes et saveurs de la bière dans de très nombreux cas. Et on ne peut pas en profiter au maximum, voire on rate l'essentiel. Voilà une information à diffuser autant que possible pour ne plus se faire rire au nez quand on dit que telle ou telle bière ne doit surtout pas être bue glacée, voire qu'elle ne doit même pas être mise au frigo...

Bref, refermons la parenthèse et voyons à quoi ressemble cette fameuse "Vitteaux blonde" : 


Au visuel, nous avons une bière à la robe dorée lumineuse, légèrement trouble. Elle est surmontée d'un col de mousse blanche laissant une belle dentelle sur la paroi du verre. Une mousse moyennement persistante.

Au nez, la mousse dégage des arômes légers et doux de malt pâle, faisant penser à du pain cuit. S'y mélangent des arômes fruités de fruits jaunes, ainsi que des notes herbacées de houblon et épicées. Une pointe miellée agrémente le tout.

En bouche, on a une bière douce et rafraîchissante, qui propose une entrée sur le moelleux du malt et du fruité, accompagné de notes épicées. La fin de bouche propose une amertume modérée à marquée, herbacée. Pour finir, la bière persiste en bouche sur l'épicé.

Une bière sympathique, qui présente un mélange de douceur rafraîchissante et de saveurs agréables. Elle se déguste autant qu'elle rafraîchit et c'est un bon équilibre. Et en plus, ce qui ne gâche rien, elle peut accompagner aussi bien un apéritif épicé qu'un plat de viande aux herbes ou épicé ou encore un fromage dur et fort. Une bière qui mérite la réputation qu'elle s'est forgée depuis 16 ans.

Brasserie Burgonde, 
10 rue de Verdun
21350 Vitteaux

Nicolas Bretillon se fera un plaisir de vous y recevoir de 14h à 18h le vendredi.

dimanche 6 septembre 2015

La 44, une gamme de bières pour la mémoire

Voilà le début d'une "série", ou d'un "feuilleton", ou de ce que vous voulez, sur une brasserie artisanale que j'ai récemment découverte, implantée à La Gleize, petite commune des Ardennes belges située dans la Province de Liège.

Une petite commune pourtant bien connue des historiens et passionnés de la Seconde Guerre Mondiale. C'est effectivement sur le territoire de La Gleize que se joua le sort de l'une des dernières grandes batailles de la partie européenne de ce grand gâchis mondial. Rappelons-nous qu'en décembre 1944, l'armée allemande lança une importante offensive blindée dans les Ardennes belges afin de tenter désespérément de contrecarrer l'avancée alliée, quasi-continue depuis l'été précédent. Après un début d'offensive plutôt réussi, les Allemands durent finalement reculer. Et La Gleize est une commune d'où, encerclés par les Alliés, les Allemands durent s'enfuir en laissant une énorme quantité de matériel derrière eux. C'est ce fait de guerre de La Gleize qui est considéré comme l'élément principal qui mena les Allemands à la défaite dans les Ardennes. Pour plus de détails, je vous invite chercher plus d'explications. Depuis, La Gleize a gardé certains vestiges, dont l'un des blindés laissés sur place par les Allemands. Un musée consacré à cette bataille a même été érigé par des passionnés de la période, face à ce blindé (Le Musée December 44).

Mais passons aux bières de La Gleize proprement dites. La brasserie est toute jeune puisqu'elle a à peine plus d'un an, née en juin 2014. Elle reprend à fond le thème de ce fait de guerre important, et du travail de mémoire développé tout autour depuis 71 ans. Ainsi, les étiquettes arborent toutes une étoile à 5 branches jaune sur fond noir. Sur cette étoile trône un blindé frappé du nombre 213, en référence au blindé n° 213 gardé intact face au Musée December 44. Enfin, le nom de "La 44", est-il besoin de le préciser, se réfère à la date de 1944.

J'ai, pour le moment, eu le loisir de goûter la 44 blanche, que voici :


Nous avons donc là une bière artisanale blanche, brassée comme toute bière dite blanche avec du malt d'orge ainsi que du froment. Le houblon n'a bien évidemment pas été oublié, sans que je puisse malheureusement être plus précis sur sa sorte et sa provenance pour l'instant... De fermentation haute, comme la plupart des bières blanches, elle est refermentée en bouteille, ce qui laisse un matelas de lie au fond de la bouteille. Rappelons, comme d'habitude, qu'il n'y a vraiment rien à craindre de ce dépôt. Elle titre 5.5 % de teneur en alcool, et les brasseurs conseillent de la déguster à une température comprise entre 6 et 8° C.

Au visuel, bien que dite "blanche", cette bière arbore une robe plutôt foncée, tirant presque sur l'ambré, avec des reflets blonds pâles à la lumière. Elle est trouble, comme toute bière blanche et est surmontée d'un col de mousse blanche très (trop ?) fugace (mais peut-être est-ce dû au verre qui n'était pas forcément adapté, mais c'est l'un de mes verres de dégustation préférés pour sa capacité à conserver les arômes de la bière... Enfin bref !). 

Au nez, la mousse nous offre des arômes beaucoup moins citronnés que ceux d'une blanche classique belge. Ce qui s'explique par le fait que ce n'était pas l'objectif recherché par les brasseurs. C'est une blanche bavaroise qu'ils ont voulu faire, c'est-à-dire sans ajout d'épices, au contraire des blanches typiques belges. Ces arômes sont plus donc plus doux, alliant des notes fruitées et vanillées, et des notes plus herbacées de houblon.

En bouche, on trouve une bière douce offrant des saveurs fruitées et vanillées, tout comme au nez. S'y ajoutent d'importantes notes fleuries, et une touche citronnée au "grumage". L'amertume en fin de bouche est légère, mais persistante assez longtemps en bouche une fois la gorgée avalée.

Une bière intéressante sans être forcément extraordinaire. Elle est cependant différente, et c'est un atout : je m'attendais à une blanche belge épicée classique et j'ai été surpris de boire autre chose. C'est le propre des brasseries artisanales de proposer autre chose que les produits "institutionnels", et de ce côté là, c'est plutôt réussi. Différente, douce et rafraîchissante.



NB. Les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'ils peuvent servir d'indications.

samedi 29 août 2015

La Rochefort 10, une belle et solide brune, bel et bien trappiste !

J'entends déjà les grands amateurs et connaisseurs du monde de la bière se demander quel est l'intérêt d'un énième article sur une bière déjà archi-connue et reconnue internationalement. Et de même se demander pourquoi préciser dans le titre qu'elle est "bel et bien trappiste", ce qui peut paraître d'une évidence criante.
Eh bien je leur répondrai que c'est loin d'être d'une évidence criante pour tout le monde, y compris certaines personnes se disant "grands connaisseurs" de la bière et ne se gênent pas pour débiter des âneries grosses comme eux. Ainsi il y a peu, j'ai eu affaire lors d'un marché à une personne affirmant bien connaître les bières belges qui, voyant écrit en gros sur les étiquettes de Rochefort la mention "Trappiste", prit son air important de donneur de leçon et dit : "Rochefort ? Trappistes ? Je n'en suis pas sûr. A votre place, je me méfierais. Il n'existe qu'une seule vraie bière trappiste, et c'est la Chimay !"
Deux belles c... sur deux phrases, pas mal... J'ai bien essayé de discuter un peu mais cela semblait peine perdue avec ce "grand connaisseur" des bières belges. 

Bref, ce petit exemple tout bête montre qu'il faut souvent répéter des choses qui peuvent paraître évidente ! 

Que signifie le terme "trappiste" ? Il vient de l'Abbaye bénédictine de la stricte observance de La Trappe, fondée en Normandie au XVIIe siècle. Elle essaima par la suite notamment vers les Provinces Unies, actuelles Belgique et Hollande, mais aussi en France. Les moines trappistes "élaborent et commercialisent différents produits, afin d'assurer leur propre subsistance et de venir en aide aux personnes dans le besoin" (www.trappist.be, site de l'Association Internationale Trappiste, ou AIT). Parmi ces produits, la bière, produite par onze abbayes trappistes sur les 20 que compte l'AIT : Achel (Bel.), Scourmont-lès-Chimay (Bel.), Rochefort (Bel.), Orval (Bel.), Westmalle (Bel.), Westvleteren (Bel.), Tilburg (Hol.), Mont des Cats (Fra.), Zundert (Hol.), Spencer (USA), Tre Fontane (Ita.). 
La bière y est brassée selon des recettes monastiques, soit par les moines eux-mêmes, soit de plus en plus sous leurs surveillance, leurs effectifs diminuant sans cesse (ben oui, qui peut bien vouloir être moine aujourd'hui ? ).
Tous les produits issus des abbayes trappistes sont estampillés "Authentic Trappist Product", appellation jalousement protégée par l'AIT. Et que voit-on sur les étiquettes des bières brassées à l'abbaye Saint-Rémy de Rochefort (Belgique, région de Namur) ? Ce petit logo hexagonal : 


Alors les pseudo-connaisseurs, regardez les étiquettes avant de remettre en cause le caractère trappiste d'une bière telle que de la Rochefort, que ce soit la 6, la 8 ou la 10 ! Et sachez que l'appellation "trappiste" est protégée légalement et que toute abbaye brassant de la bière et l'affichant "trappiste" sans être reconnue par l'AIT est passible de poursuites...

Mais n'oublions pas l'objet premier de cet article : la Rochefort 10


Nous avons là une bière brassée à partir de malt pâle pour les surcres fermentescibles, et de malts foncés pour la couleur et les saveurs. Sans oublier le houblon, qui y participe aussi bien évidemment. Je dois rester vague, malheureusement, sur la composition précise, le(s) houblon(s) utilisé(s), les malts brassés... Il est en tout cas certain qu'il s'agit d'une bière de fermentation haute, très forte puisqu'elle titre 11.3 % de teneur en alcool. Elle ne titre effectivement pas 10 % comme l'étiquette pourrait nous le faire croire. Ce chiffre 10 correspond à "une ancienne mesure de densité , le degré légal belge mesuré sur les moûts [liquide sucré résultant du mélange entre l'eau chauffée et les céréales, maltées ou non] avant fermentation de chaque type de bière. (Abbaye Saint-Rémy de Rochefort : visite au coeur d'une bière trappiste (article de lachope.com))

Au visuel, cette bière affiche une robe brun foncé, intense, aux très légers reflets cuivrés. Elle est surmontée d'une mousse ivoire abondante et persistante tout au long du verre.

Au nez, ce col de mousse dégage des arômes doux et moelleux de fruits, donnant l'impression (ne rigolez pas...) de sentir une tarte aux fruits rouges et noirs. Des arômes qui ne rendent pas compte du degré d'alcool de cette bière puisque l'alcool y est à peine perceptible. Cela ne gâte rien, un alcool trop perceptible aux arômes est susceptible de faire reculer certaines personnes avant de goûter. Et ce serait bête de rater cette bière juste pour ça.

En bouche, on commence sur une attaque douce, moelleuse, liquoreuse même, de fruits noirs. C'est à ce moment que l'alcool se révèle : après la douceur de l'attaque, se développe une saveur de fruits rouges macérés dans l'alcool, accompagnée d'une chaleur alcoolisée assez intense pour une bière. Cet alcool dont on sent bien la présence - sans qu'il soit dérangeant pour autant, et c'est là l'une des grandes qualités de cette bière - atténue l'amertume. Cette dernière se révèle donc assez discrète, mais ne se fait pas oublier. On finit par une persistance en bouche assez longue sur le fruit alcoolisé.

A mon avis l'une des meilleures bières d'abbaye trappiste parmi toutes celles que nous propose l'AIT. L'équilibre entre un fort degré d'alcool, une belle douceur et une amertume juste assez développée pour éviter l'écoeurement, me semble plutôt parfait. Une belle et bonne brune que les vrais amateurs de bières fortes apprécieront toujours, mais qui constitue aussi une belle introduction pour ceux qui sont habitués à plus légers et veulent s'essayer à des sensations plus fortes. 

NB. Les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'ils peuvent servir d'indications.

Elle est disponible et à commander sur www.secretsdebieres.fr


jeudi 18 juin 2015

La Bobeline blonde

Il y a quelques mois, j'avais consacré un post à la bière de Spa appelée la Bobeline Black Label (La Bobeline Black Label), qui m'avait marqué. Mais sa soeur, la Bobeline blonde, n'avait pas encore eu l'heur d'être présentée ici. On va réparer cette "injustice".

Je ne reviendrai pas sur l'histoire de la bière spadoise (je vous invite, pour vous la rappeler, à cliquer sur le lien ci-dessus), alors on va passer tout de suite à la "dégustation".

Voilà la petite blonde : 


Nous avons ici une bière de fermentation haute titrant 8,5% de teneur en alcool, brassée pour Didier Dumalin par la brasserie Huygue (qui brasse notamment la Delirium Tremens, la Guillotine...).

Au visuel,  cette bière est d'un blond assez pâle, limpide et très effervescente. Elle est surmontée d'un col  de mousse bien blanche à grosses bulles, persistant.

Au nez, le col de mousse dégage des arômes plutôt légers de malt blond faisant penser à du pain, levurés et légèrement fruités, évoquant les agrumes.

En bouche, on a affaire à une bière vive et bien pétillante, ce qui la rend rafraîchissante. Au-delà ce ça, elle est légèrement fruitée et présente des notes vanillées et levurées. L'amertume qui suit en fin de bouche est franche et herbacée. Le tout s'accompagne d'une certaine chaleur alcoolisée. Elle révèle en revanche peu de persistance en bouche.

Avec ses arômes légers et ses saveurs (trop ?) discrètes, la Bobeline blonde s'avère moins savoureuse que sa soeur brune. Elle se révèle en revanche plus rafraîchissante malgré ses 8.5% de teneur en alcool. La première fois que je l'ai testée, en janvier, la réflexion que j'ai eue est qu'elle a davantage sa place au printemps ou en été qu'en hiver. L'avoir testée une seconde fois en avril, au retour des beaux jours, me l'a confirmé. Au contraire de la Bobeline Black Label dont le côté chaleureux m'avait bien davantage séduit en janvier. 

Rendez-vous peut-être bientôt pour la Bobeline Blanche Fraise.

NB : les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'elles peuvent servir d'indications.

lundi 18 mai 2015

La côte chalonnaise aussi fait du vin d'orge

Il a déjà été prouvé que la Côte-d'Or ne faisait pas que du vin de raisin, mais aussi du vin d'orge (voir La "Burgonde 10" : la Côte-d'Or fait aussi du vin d'orge...). Eh bien il existe de même, désormais, du vin d'orge dans la Côte chalonnaise, qui ne fait donc plus uniquement du vin de raisin... Ce nouveau "Barley wine" est produit depuis peu par la microbrasserie "Les Plains Monts", située dans le hameau de "La Couhée", appartenant à la commune de Chassey-le-Camp (Saône-et-Loire, non loin de Chagny). Le brasseur y produit sa bière dans une dépendance de sa maison où une immense pièce renferme les cuves de brassage, de fermentation et de maturation, ainsi que tout le matériel d'embouteillage et d'étiquetage. Artisanat pur jus ! 

Outre des bières classiques ambrée, blanche, blonde, brune, et d'autres plus spéciales aux 3 céréales ou au bourgeon de cassis, brassées en continu, le brasseur met aussi en place, périodiquement, des éditions limitées qu'il appelle le "P'ti Brassin". La bière dont il s'agit ici est le "P'ti Brassin 2".

Il s'agit d'une bière de fermentation haute, refermentée en bouteille, titrant 9.4 % de teneur en alcool, tout à fait digne d'un "Barley wine" !

Il est à signaler qu'elle a remporté la médaille d'argent d'un concours international de brasseurs organisé à Lyon en 2015.

La voici : 


Alors mérite-t-elle sa médaille d'argent ? 

Aspect. Nous avons là une bière brune à la robe très sombre. A la lumière, elle révèle les reflets rouges d'un bon vin de Bourgogne. Sa mousse ivoire présente des bulles assez importantes et persiste longtemps dans le verre.

Arômes. Cette belle mousse dégage des arômes alcoolisés, notamment de fruits macérés dans l'alcool. Cela s'accompagne de senteurs de mélange de chocolat noir et de fruits rouges. On peut déceler de légères notes torréfiées.

Bouche. A l'instar des autres Barley wine, on a en bouche une bière épaisse et liquoreuse, à la pétillance faible. Une bière douce et ronde aux saveurs de fruits rouges et chocolatées (plutôt chocolat au lait). La chaleur alcoolisée se fait sentir au moment d'avaler. Le tout se termine par une amertume faiblarde et une persistance moyenne, dégageant comme au nez de légères notes torréfiées.

Un bien sympathique vin d'orge, costaud et épais mais à la grande douceur. L'amertume est faible, peut-être un peu trop, mais il s'agit là de l'une des caractéristiques des barley wine. Donc rien d'anormal. La chaleur alcoolisée n'est pas mordante, elle est même très douce. Une bière agréable. J'en ai eu un peu mal à la tête le lendemain, mais seulement parce que j'en ai un peu abusé... Elle mérite certainement sa médaille.

NB : les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'elles peuvent servir d'indications.

dimanche 3 mai 2015

La "Burgonde 10" : la Côte-d'Or fait aussi du vin d'orge...

La Brasserie Burgonde de Vitteaux, en Côte-d'Or, s'est forgée une belle réputation depuis sa création en 1999. Sa gamme désormais bien développée y est pour beaucoup, qui peut satisfaire tous les goûts avec les classiques ambrée, blanche, blonde et brune, mais aussi avec les plus spéciales comme la Cervoisétorix et l'IPA. Mais il y a aussi les saisonnières comme la "Noël" et la "Printemps"

Mais il en existe une beaucoup moins répandue puisque vendue uniquement à la brasserie : la "Burgonde 10". Cette dernière est ce que l'on appelle, dans le jargon des brasseurs et amateurs de bières, un "barley wine", ou vin d'orge. Il s'agirait d'une invention anglaise du XVIIIe siècle due, selon certaines versions que j'ai trouvées lors de mes recherches, à la volonté des élites de consommer des produits plus costauds et savoureux que les bières traditionnelles. Selon d'autres versions, cela viendrait des taxes exorbitantes imposées sur les vins venus de France suite à des conflits anglo-français. Le vin français étant devenu hors de prix ou introuvable, les brasseurs auraient mis tout leur savoir-faire en oeuvre afin de produire des bières au degré d'alcool puissant, se rapprochant de celui du vin, et aux saveurs fortes et fruitées. Quelle version est la bonne ? Bonne question... Mes recherches m'amèneraient plutôt à privilégier un mélange des deux. Il reste que ce type de bière s'est popularisé aux XIX et XXe siècles et se trouve maintenant un peu partout dans le monde, et donc aussi en France, en Bourgogne où on ne fait donc pas uniquement du vin de raisin...

Voici le breuvage en question :


La "Burgonde 10" est donc un "barley wine", c'est à dire une bière de fermentation haute tirée du mélange de plusieurs malts cuits à différentes températures pour lui donner sa couleur, ayant une teneur en alcool souvent supérieur à 10 % (10 % pour celle-ci justement), qui mature assez longtemps, soit en cuve, soit en fût (celle-ci est vieillie en fût de chêne). Elle est refermentée en bouteille pour compléter l'alcoolisation et la gazéification de la bière, mais aussi afin de lui donner un goût évolutif au fil du temps. Elle se boit presque à température ambiante (15°C c'est pas mal...)

Aspect. Au premier abord, dans sa bouteille même, cette bière, comme le précise la mention "sur lie", présente un épais dépôt de levure dans le fond, qui pourrait en effrayer plus d'un. Mais il faut surmonter cela et ouvrir la bouteille. Attention ! L'ouverture se fait sur une bière très vive dont la mousse risque fort de vous jaillir sur les mains. On peut enfin verser, soit tout d'un coup avec la lie qui formera un dépôt au fond du verre, soit sans la lie qu'on laissera dans la bouteille avec environ 2 cm de fond. Une fois dans le verre, cette bière présente une robe brune aux reflets rougeâtres de vieux vin. La levure, toujours en partie en suspension, la rendra trouble mais il ne faut pas y voir un problème. Elle est surmontée d'un col de mousse blanc cassé, crémeuse et persistante.

Arômes. Ce beau col de mousse dégage des arômes fruités et vineux, agréables pour qui aime le vin. S'y mêlent des notes assez prononcées de levure, ainsi que de légères notes de torréfaction. Des arômes assez forts et caractéristiques d'une bière très particulière, qui surprennent mais attisent la curiosité.

Bouche. Très légèrement acidulée en entrée, cette bière présente rapidement un corps rond et moelleux plein de saveurs de fruits rouges, mais aussi de notes vineuses prononcées dues à la maturation en fût de chêne. L'alcool participe de cette grande douceur, mais se fait sentir par une certaine chaleur, sans être mordant. Suit une légère amertume et une longue persistance sur le vineux.

Une bière à ne pas forcément mettre entre toutes les mains, ou dans toutes les bouches... Il faut, à mon sens, une certaine curiosité, un certain amour de la bière et avoir déjà habitué son palais à d'autres sortes de bières que les classiques industrielles. Au-delà de certains aspects qui pourraient repousser (lie épaisse, effervescence...), c'est une bière tout ce qu'il y a de plus douce et chaleureuse. Elle mérite l'intérêt des connaisseurs et des amateurs. Elle a une petite soeur, vieillie en cuve, et qui présentera donc moins de saveurs, mais tout autant de douceur fruitée. A la brasserie au milieu de toutes ses soeurs, dont on reparlera, la "Burgonde 10" mérite le détour. Et pourquoi ne pas l'essayer avec un bon boeuf bourguignon ! 

NB : les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'elles peuvent servir d'indications.

mercredi 15 avril 2015

La Duvel Tripel Hop 2015, encore un millésime réussi !

Il y a déjà quelques semaines, la Brasserie Duvel-Moortgat donnait rendez-vous à tous les affidés de sa nouveauté annuelle, la Duvel Tripel Hop. 

Comme chacun le sait (ou pas !), "hop" est la traduction anglaise et néerlandaise de "houblon". La Duvel Tripel Hop est donc la Duvel "trois houblons", qui se distingue de l'archi-connue (et c'est normal !) Duvel classique par le houblon supplémentaire qui est ajouté lors du brassage. 

La Duvel classique est une bière assaisonnée aux houblons "Saaz" (République Tchèque) et "Styrian Golding" (Grande Bretagne). La Duvel Tripel Hop est une bière millésimée car chaque année, le troisième houblon est différent de celui de l'année précédente. C'est un houblon ajouté selon le principe du "dry hopping", ou houblonnage à sec, qui consiste à faire infuser le troisième houblon après la cuisson (moment où l'on ajoute habituellement le houblon) et après la fermentation. Donc au moment où la bière commence à maturer. Ajouté à ce moment là, le houblon garde toutes ses propriétés aromatisantes et amérisantes (ce qui n'est pas le cas s'il est ajouté lors de l'ébullition, ou cuisson). Ce qui nous donne une bière aux saveurs et à l'amertume très prononcées, et parfois très différentes selon le houblon utilisé. Duvel s'inspire ici du style IPA (pour India Pale Ale), inventé au Royaume-Unis au XVIIIe siècle et repris par les brasseurs artisanaux américains depuis plusieurs décennies.

En 2014, c'est le houblon américain "Mozaïc", aux saveurs d'agrume et résineuses fortes qui avait été utilisé. En 2015, c'est un autre houblon d'origine américaine, l' "Equinox", qui a été utilisé. Il s'agit d'un houblon aux arômes de fruits tropicaux, d'agrumes notamment, et épicés. Il faut tout de même adoucir cette avalanche de saveurs et d'amertume, et c'est pourquoi le pourcentage d'alcool a été relevé à 9.5%, au lieu de 8.5% pour la Duvel classique.

Voici la bête ! 


Aspect. Aux yeux, c'est une belle blonde, lumineuse mais légèrement trouble. Elle est surmontée d'un beau gros col de mousse blanche à grosses bulles, persistante.

Arômes. Cet imposant col de mousse dégage des arômes doux de fruits exotiques, notamment les agrumes. Le tout accompagné de notes terreuses, et surtout épicées, assez prononcées.

Bouche. Une bière douce en entrée, sans lourdeur sucrée. Elle a un corps fruité où ressortent les fruits exotiques. Très rapidement, prend place une amertume très prononcée d'agrumes, où c'est l'impression de pamplemousse qui est la plus forte.

Encore une fois, Duvel-Moortgat a réussi son coup avec sa Tripel Hop millésimée. Elle se révèle très agréable et douce malgré une amertume prononcée propre au style IPA, mais qui ne la gâche en rien. Bien au contraire ! Une belle réussite, bien qu'assez ressemblante, cependant, au style et à l'amertume de la Tripel Hop 2014, les touches résineuses en moins.

NB : les appréciations et commentaires donnés ici n'engagent que moi. Ne pas les prendre pour argent comptant car je suis loin d'être un grand spécialiste... Disons qu'elles peuvent servir d'indications.