mardi 25 juillet 2017

L'Elixkir Blanche IPA : encore un truc sympa...

Je ne vais pas perdre mon temps, ni vous faire perdre le vôtre à vous lecteurs, à vous présenter encore une fois la Brasserie Elixkir et ses créateurs Guillaume et Amélia. Je n'en suis jamais qu'à mon neuvième article consacré à l'une de leurs bières...

Alors on va passer sans trop attendre à l'objet de cette bafouille qui, là encore, est nommé dans son titre : l'Elixkir Blanche IPA, comprise comme sa grande soeur l'Elixkir IPA, dans la gamme "IBU Profane" de la brasserie. Pour être précis, elle est du style Wheat India Pale Ale, ou India Pale Ale de blé (ou froment) qui allie le côté rafraîchissant des bières blanches et la puissance de saveur et d'amertume de l'India Pale Ale. Elle est donc brassée à partir de malts d'orge et de froment, à l'instar de nombreuses bière blanches, beaucoup d'autres renfermant une part de froment non-malté. Les houblons utilisés sont le Mistral (aromatique, fin, au bouquet fruité sur le litchi ou les raisins blancs, et florales sur la rose et le Jasmin) et le Styrian Cardinal, sur lequel je n'ai malheureusement pas trouvé beaucoup d'informations. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille et titre 5.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère. On la dégustera, à mon humble avis comme toujours, aux environs de 5-6° C.

Voici la la p'tite blanche en image : 


Au visuel, elle dévoile une robe blond pâle dans le bas du verre, qui fonce en remontant, jusqu'à devenir presque ambrée sous le col de mousse. Son trouble est important, à l'image de toute bière blanche qui se respecte, mais est traversée de reflets dorés. Elle est surmontée d'une tête de mousse blanche vive et abondante, à très fines bulles, légèrement collante en fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, cette tête de mousse dégage des arômes légers, au bouquet fruité et floral, se traduisant par des notes citronnées et d'ananas (les brasseurs parlent aussi de litchi : j'avoue ne pas avoir eu le nez assez fin pour le sentir). En fond, on distingue des notes herbacées et florales, ainsi qu'une toute petite touche épicée.

En bouche, l'entrée est vive et débouche sur un corps tout aussi vif, fruité aux saveurs d'agrumes, citronnées notamment mais aussi d'orange amère, accompagnées de ces mêmes notes exotiques d'ananas, plus moelleuses. Ce passage plus moelleux est à nouveau relevé par une touche épicée. L'amertume de fin de bouche se développe rapidement, jusqu'à devenir explosive, oscillant entre pamplemousse et notes herbacées. Elle s'avère bien persistante.

Je n'ai que trop peu eu l'occasion de déguster ce style de bière, et j'avoue que je suis parti avec un a priori plutôt négatif, n'étant pas forcément un très grand amateur de blanches - peut-être certains auront-ils d'ailleurs remarqué que l'Elixkir blanche ne fait pas partie des déjà nombreux posts consacrés à Elixkir... Mais il faut bien admettre que la blanche IPA est un mélange plutôt sympa, en tout cas la version Elixkir. Ce mélange entre un caractère citronné prononcé, des notes fruitées plus moelleuses et une amertume puissante se révèle finalement séduisant. En revanche, pour ce qui est du food pairing, je reste un peu dans l'ombre, mais je pense que si vous l'accordez à un sorbet citron, ça pourrait déjà bien se passer, ou à des amuses-bouches épicés.

Plus de renseignements sur la brasserie sur www.brasserieelixkir.fr

On peut retrouver les breuvages de la Brasserie Elixkir à Dijon notamment, chez : 
  • Bières des Terroirs, rue Crébillon, quartier Zola-Monge, www.bieresdesterroirs.fr, 03 71 19 90 97 ; 
  • Crèmerie "La Grapillotte" 26 rue Monge et 5 rue des Grandes Varennes (21121 Ahuy) où vous trouverez l'IPA et l'ambrée ; 
  • Hyperboissons, 110 avenue Roland Carraz (21300 Chenôve), www.hyperboissons-dijon.com, 03 80 40 39 06 ; 
  • à la brasserie bien évidemment, 9C rue de l'Artisanat à Couternon (21560) ;
  • Et sûrement chez d'autres, ils peuvent se dénoncer... ;-)
Lire aussi :

mardi 18 juillet 2017

La Rétropoussette, l'ambrée IPA de "La Rustine"

"Jean n'avait plus de jus dans les cannes. Quand la voiture du directeur approcha, il prit une bonne "rétropoussette" sur le rétroviseur. Quel fripon ce Jeannot !" Il fallait bien qu'en cette période de Tour de France on fît allusion à un peu de cyclisme ! Et quelle meilleure occasion de présenter l'une des créations d'Arnaud Conchon, fondateur de la Brasserie au nom évocateur de "La Rustine" ? Je ne présente plus la brasserie. Si vous ne la connaissez pas, suivez le lien ci-dessus, ou le lien en fin de bafouille. Une brasserie dont les différentes bières portent toutes un nom se rapportant au cyclisme. 

Pour cette bafouille ce sera donc, ainsi que l'annonce le titre, La Rétropoussette. C'est à cette IPA ambrée qu'est liée la petite anecdote qui commence le présent texte (je n'ai pas inventé ça tout seul, vous vous en doutez bien...).

La Rétropoussette, c'est déjà trois céréales : orge, blé et seigle, toutes maltées. C'est aussi des houblons aux saveurs exotiques, notamment le Citra qu'Arnaud aime à utiliser. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille. Ce qui lui laisse, comme dans l'immense majorité des bières artisanales, un dépôt de levure en fond de bouteille. Mais on ne répétera jamais assez que c'est inoffensif, que cela peut se consommer avec le reste de la bouteille, et que cela participe de l'authenticité du produit. Elle titre 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte, que l'on dégustera (à mon humble avis comme toujours) à environ 7-8° C.

La Rétropoussette : 


Au visuel, elle dévoile une robe ambrée foncée au trouble important (ben oui, moi je verse toute la bière, y compris la levure du fond... Même pas peur !) et aux légers reflets cuivrés. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanc cassé abondante, "rocailleuse" (entendez par-là que la mousse ne se réduit pas, à l'instar de nombreuses autres bières, uniformément mais par morceaux ; aucun rocher ou caillou dans cette mousse, hein !), bien collante en grosses dentelles, et bien persistant en un épais col.

Au nez, le bouquet se révèle discret et doux, entre arômes miellés et biscuités et notes fruitées sur la pomme et les fruits exotiques comme la mangue, le citron... Le tout s'accompagne d'une touche résineuse volatile.

En bouche, c'est d'abord une entrée à l'effervescence modérée, donnant sur un corps moelleux relativement puissant et de consistance riche. Il mêle saveurs de fruits secs et notes miellées à d'autres de fruits exotiques (on retrouve la mangue), auxquelles s'ajoutent de petites notes grillées et épicées qui contribuent à relever un peu ce corps avant que ne s'installe l'amertume. Celle-ci, plutôt modérée par rapport à nombre d'autres IPA, tranche tout de même bien avec le moelleux du corps et dégage des notes herbacées et légèrement résineuses. Elle persiste assez longtemps en bouche.

Une IPA originale en cela qu'elle sort un peu des sentiers battus des IPA actuelles où les saveurs fruitées des houblons utilisés priment sur tout le reste au niveau du corps. Ces saveurs sont bien entendu présentes sur la Rétropoussette mais pas dominantes puisqu'elles doivent composer avec une certaine douceur miellée et les notes un peu plus âpres des fruits secs. Et c'est là l'un des grands intérêts de cette ambrée IPA. Arnaud n'étant pas vraiment un inconditionnel de l'amertume, celle de la Rétropoussette se révèle modérée pour une IPA. Elle ne devrait donc pas rebuter ceux qui craignent cet aspect, pourtant quasi-incontournable, de la bière. A essayer avec du gibier ou de la viande grillée au barbecue, type "Ribs" légèrement relevés, ou encore un bon toast de fromage de chèvre au miel. Pourquoi pas à l'automne, en accompagnement de châtaignes grillées ou de noisettes.

La Brasserie : 
Brasserie La Rustine
13 bis rue des Chavannes
71380 Saint-Marcel
06 89 10 39 79
conchon.arnaud@larustine.net

Où trouver la Rustine ? 
- Bières des Terroirs, rue Crébillon, 21000 Dijon, quartier Zola-Monge, www.bieresdesterroirs.fr, 03 71 19 90 97.
- Hyperboissons, 110 avenue Roland Carraz, 21300 Chenôve, www.hyperboissons-dijon.com , 03 80 40 39 06.
- et peut-être d'autres à Dijon, qu'ils se dénoncent ! ;-)
- dans les caves et bars de Chalon-sur-Saône bien entendu (pour plus d'infos, je vous renvoie à ma bafouille consacrée à la brasserie, cf. lien ci-dessous).

Lire aussi : 


samedi 15 juillet 2017

La Noctambulle : force et caractère

Partons, pour cette petite bafouille, en Isère, à la Brasserie du Mont-Aiguille. 

Basée à Clelles (38930) dans le Vercors, à une cinquantaine de kilomètres de Grenoble, cette brasserie artisanale produit ses bières depuis 2009 et semble résolument engagée dans une démarche de développement durable, tant par les malts bio qu'elle utilise que par le recyclage de l'eau, en passant par un bâtiment et des méthodes peu énergivores. 

Mais pour plus d'infos, je vous invite à vous rendre sur le site de la brasserie : www.brasseriedumontaiguille.fr.

Passons au sujet de la présente bafouille : la Noctambulle (toute la gamme porte un nom où revient le mot bulle en des jeux de mots simples et bien trouvés). C'est une ale brune, brassée à partir de malt pâle, comme pour toute bière, et de malts torréfiés, tous bio, d'eau douce pure du Trièves (territoire naturel du Vercors, à la jonction des départements des Hautes-Alpes, de la Drôme et de l'Isère), ainsi que de houblons et de levures soigneusement sélectionnés. Désolé, je ne peux pas être plus précis, mais ce n'est pas la question ici. Présentons surtout cette Noctambulle ! 

La voici : 


Au visuel, on a une bière à la robe brun sombre presque opaque, aux très légers reflets rougeâtres. Sa tête de mousse est couleur ivoire, abondante, à grosses bulles, "rocailleuse" (entendez par-là que cette tête de mousse ne se réduit pas de façon uniforme mais par morceaux ou rocs), bien collante en larges dentelles, très persistante.

Au nez, on distingue des arômes légèrement acidulés au premier abord, aux notes de fruits noirs, vite supplantées par des notes prononcées de cacao et surtout grillées et torréfiées. Le tout mélangé donne une touche de moka agréable.

En bouche, on sent une certaine vivacité en entrée, mais fugace. Par la suite, se développe un corps dévoilant une grande force, très légèrement acidulé, mais surtout aux saveurs torréfiées, mêlées de notes grillées. Une touche chocolatée, bien moins perceptible qu'au nez, est pourtant bel et bien là. L'amertume de fin de bouche est modérée mais offre tout de même une certaine rudesse grillée et torréfiée, à l'image de ce breuvage qui fait montre de beaucoup de caractère. Légère persistance torréfiée.

Une ale brune à la force et au caractère bien trempé, une belle rudesse torréfiée qui flatte les papilles de l'amateur de café et de chocolat que je suis. Je la déconseille donc à ceux qui craignent les brunes. Ceux qui aiment ça, essayez de trouver cette Noctambulle, elle vaut le coup ! Je remercie ma soeur grenobloise (pour l'instant), mon poison, de me l'avoir trouvée pour mon anniversaire. Elle devrait idéalement accompagner un steak bien grillé, un bout de bleu d'Auvergne (restons dans la région) ou une mousse au chocolat noir au dessert.

Brasserie du Mont-Aiguille
ZA La Croisette
38930 Clelles
09 72 54 84 13

vendredi 14 juillet 2017

L'O'Hara's Irish Red : une bonne red ale

L'O'Hara's Irish Red est une nouvelle découverte que j'ai faite au désormais bien connu Comptoir des Bières de Chenôve, dans l'agglomération dijonnaise. J'étais un peu dubitatif, ayant eu une expérience un peu malheureuse il y a quelques mois avec une autre Irish Red Ale. Mais sur celle-là, pas de regret !

Cette bière rousse irlandaise, brassée à la Carlow Brewing Company (site de la Brasserie), à Carlow dans le Sud-Est de l'Irlande, est produite à base de malt pâle et de malt caramel. Pas de renseignement sur le(s) houblon(s) utilisé(s), si ce n'est que c'est du houblon traditionnel (info qui ne sert pas à grand' chose, je le conçois...). De fermentation haute, elle titre 4.3 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère. Ce n'est pas pour autant qu'il faut la boire comme une pils, uniquement pour la détente et pour se désaltérer : il s'agit, de mon point de vue, d'une bière de dégustation à part entière. On ne la dégustera d'ailleurs pas trop fraîche, je dirais autour des 8-9° C.

La voilà :


Au visuel, elle arbore une robe rousse limpide à la belle teinte rubis, type vin de Bourgogne jeune, agrémentée de reflets acajou. Elle est surmontée d'une tête de mousse couleur crème à ivoire, à très fines bulles, compacte, collante en longues et fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, cette tête de mousse dégage des arômes prononcés mais doux de caramel, accompagnés de notes de fruits rouges, ainsi que de touches épicées et légèrement herbacées.

En bouche, l'entrée est vive et sèche. Elle débouche sur un corps léger et doux à la rondeur caramélisée agréable. Des notes grillées relèvent ce moelleux, de même que de belles notes épicées et herbacées. L'amertume de fin de bouche, prononcée, tranche bien avec le moelleux du corps. Mêlant grillé et herbacé, elle se révèle désaltérante en complément de la légèreté du corps. Elle persiste bien.

Une Irish Red Ale agréable, moelleuse mais bien équilibrée, notamment par ses belles notes épicées et herbacées. Sympa. Pour l'accompagner, pourquoi pas une crème caramel, ou alors en accompagnement d'une bonne pièce de viande grillée.

Aux alentours de Dijon, vous pourrez la retrouver : 
au Comptoir des Bières
138 ter avenue Roland Carraz
21300 Chenôve
03 80 51 57 26

vendredi 9 juin 2017

Journée brassage à La Roteuse : à la brasserie bien évidemment !

Il y a quelques jours, j'ai eu la chance de pouvoir assister en tant que spectateur et, à certains courts moments, acteur, à la journée hebdomadaire de brassage de la Brasserie La Roteuse (Brochon, Côte-d'Or). Les lecteurs de ces pages commencent à connaître La Roteuse et ses deux compères Antoine et Baptiste. Il y a quelques mois en arrière, je vous avais proposé une petite visite de la brasserie en photos et en explications. A cette occasion, ou peut-être même avant (je n'ai pas la mémoire si vive...), ils m'avaient tous deux proposé de venir les voir brasser pour avoir une idée précise de la façon dont les choses se passent en pratique dans une brasserie artisanale. Je les ai pris au mot et, l'occasion se présentant, j'y suis allé avec leur accord. Bon, pour être franc, cette fois-ci était la deuxième fois que j'assistais à une journée de brassage... Mais la première fois comptait pour du beurre : comme un gamin, je n'ai fait que regarder, poser des questions, participer quand c'était possible, et je n'ai pas le moins du monde pensé à prendre la moindre photo ou la plus petite note. Chapeau le journaleux ! 

Alors il a bien fallu que j'y retourne et leur impose une fois de plus ma détestable présence : "Et allez, re-v'là l'autre emmerdeur avec son appareil-photo et son carnet de notes !", m'ont-ils répondu lorsque j'ai demandé à revenir... Boutade bien entendu ! J'ai été très bien accueilli et je les en remercie.

Alors bienvenue à La Roteuse pour, cette fois, une journée de brassage, à la brasserie bien évidemment ! 


Pendant une grande partie de la journée, c'est ci-dessous que les choses vont se passer : la cuve de brassage, qui servira aussi de cuve d'ébullition. Ce qui veut déjà bien dire que brassage et ébullition auront bien lieu à la brasserie même ! 

Vous remarquerez les caisses rouges au pied de la cuve, réserve de carburant pour les brasseurs, histoire de tenir la journée...
Boutade encore une fois ! Il ne s'agit là que de bouteilles à étiqueter d'urgence (voir un peu plus bas).
Passons aux choses sérieuses ! Arrivée 9h25 (pour moi !), l'eau coule et préchauffe déjà dans la cuve de brassage : 900 litres pour ce jour de brassage de La Canette.


On ne le dirait pas comme ça (quel piètre photographe !), mais il y a là déjà environ 600 litres d'eau dans cette cuve cuivrée qui fut, rappelons-le, une cuve à Comté dans sa prime jeunesse.
En attendant la fin du remplissage de la cuve, allons-y pour une petite session étiquetage tout ce qu'il y a de plus artisanal, et qui a donc lieu, lui aussi, à la brasserie. La preuve : 



La cuve remplie de ses 900 litres d'eau, allons-y pour l'empâtage ! Les céréales, de l'orge maltée à basse température - deux types sont utilisés pour La Canette - donc de couleur claire, préalablement concassées pour une meilleure libération des sucres du grain, sont versées dans l'eau dont la température augmente progressivement. Le mélange formera ce que l'on appelle la maïsche, pâte "sucrée", souvent comparée à du porridge, plus ou moins dense selon la quantité de céréales moulues versées. C'est là qu'intervient la première étape physique de la journée : verser les sacs de céréales dans la cuve. Je sais ce que je dis, j'ai pu m'y essayer lors de ma première journée de brassage. La coulée de céréales ne doit pas être trop rapide mais doit aussi être homogène pour éviter les "tas" et assurer une diffusion complète dans l'eau et un mélange efficace, par la pale située au fond de la cuve. Eh ben c'est pas de la tarte ! 
Mais toujours à la brasserie, bien évidemment. Il se pourrait que cette précision vous soûle un peu ? Rassurez-vous, je m'arrête. Il ne s'agit que d'un clin d'oeil à une émission sur la bière passée il y a peu sur France 5 et qui a valu à Antoine et Baptiste plusieurs fois la même question : "votre bière, elle est faite ici ?"




C'est après le versement de cette grossière farine de grains que débute véritablement la montée en température de l'eau, étape déterminante pour la transformation de l'amidon des céréales en sucres fermentescibles ou non-fermentescibles et, évidemment, la diffusion de ces derniers dans l'eau, visant à en faire un moût sucré. Et cela notamment grâce à un "petit" réchaud à gaz, tout "mini riquiqui" situé sous la cuve.

Une petite bestiole inoffensive quoi...

Ce réchaud va permettre à l'eau de monter progressivement en température jusqu'à atteindre, pour la Canette, plusieurs paliers que Baptiste et Antoine respectent scrupuleusement. Ces paliers sont en fait des températures bien précises à atteindre pour l'eau. Une fois atteintes, le réchaud est éteint durant un temps donné, pendant lequel l'eau reste à peu de chose près à la même température, permettant l'extraction de tels ou tels sucres. Le premier palier que les brasseurs cherchent à atteindre ici est 62°C. Il permet l'extraction des sucres fermentescibles, qui seront donc consommés par les levures lors de la fermentation, en vue de créer l'alcool notamment. Le second palier à atteindre est 68°C. Il permet l'extraction de sucres non-fermentescibles cette fois, ce qui signifie qu'ils resteront présents dans la bière une fois la fermentation terminée. Un 3e palier est atteint à 72°C. Celui-là permet de "réveiller" des enzymes qui se chargeront d'extraire des sucres non-fermentescibles plus complexes. Enfin, un dernier palier est atteint à 78°C. Il s'agit de celui où l'on dit au grain "on arrête tout !" : on stoppe toute extraction de sucres. Au-delà, trop de tanins peuvent être extraits : "nos bières sont déjà suffisamment taniques", précise Antoine. 
Tous ces paliers pendant lesquels le moût est maintenu à telle ou telle température peuvent durer plus ou moins longtemps suivant la consistance et le taux d'alcool voulus pour la bière. Le premier peut durer moins longtemps que le second si l'on veut que la bière conserve beaucoup de sucres non-fermentescibles et offre un corps rond, moelleux. Inversement, si l'on veut une bière légère, sèche, mieux vaut que le premier palier dure plus longtemps, de façon à extraire davantage de sucres fermentescibles que de sucres non-fermentescibles et que, de ce fait la bière conserve moins de sucres dans sa version finale. Ce qui était le cas cette fois-ci pour La Canette, bière légère, sèche, bonne pour les grosses chaleurs et les soirées barbec. Ces paliers peuvent durer 5 mns comme 25 ou plus selon le résultat voulu. 
Durant tout ce temps, on attend. Il y a beaucoup d'attente dans le brassage de la bière : la patience est une pièce maîtresse dans la préparation d'une bonne bière. Alors qu'est-ce qu'on fait en attendant ? 

On boit le café, on checke les mails, on discute, ...
... Ou on prépare la suite : on déplace la table-établi-bureau-à manger (out tout en même temps)...
... Afin de mettre en place la cuve filtre, destinée à recueillir la maïsche en vue de la filtrer et d'en garder le jus sucré, le moût.

Comme l'indique la légende ci-dessus, l'étape suivante est la filtration, c'est-à-dire en gros la séparation de la maïsche et du moût ou jus sucré issu du mélange entre les céréales moulues et l'eau. La filtration se décompose elle aussi en plusieurs étapes.
La première consiste à vider la cuve de brassage dans la cuve filtre ci-dessus pour "dégrossir" et récupérer un jus au sein duquel seront encore prisonnières de très nombreuses drêches (écorces de grains) et farines. Cela bien que l'immense majorité de ces dernières resteront prisonnières du pâté de drêches, ou tas d'écorce de grains récupéré lors de la première filtration. Au début, ça donne ça : 




Et à la fin, ça donne une cuve-filtre pleine à "ras-la-gueule", selon l'expression consacrée à la Brasserie La Roteuse : 



Peut-être pouvez-vous distinguer sur le couvercle de la cuve un tube terminé par une petite boule ? Cette boule, percée d'une multitude de petits trous, va être l'instrument déterminant de la deuxième étape de la filtration. De fait, environ 300 litres d'eau ont été stockés préalablement dans la cuve située à côté de la cuve de brassage. Après un temps d'attente, ces 300 litres sont versés, par l'intermédiaire de la petite boule trouée citée ci-dessus, sur le pâté de drêches afin de nettoyer au maximum ces dernières de tous les sucres qu'elles contiennent encore. Cette petite boule trouée permet la diffusion de ces 300 litres d'eau sur tout le pâté. Toute cette eau versée en supplément a aussi son utilité, qui est celle de compenser la perte d'eau évaporée lors de l'empâtage, celle prisonnière des drêches, ainsi que celle qui s'évaporera lors de l'ébullition.
La troisième étape de filtration a lieu non pas après la deuxième, mais simultanément aux deux premières, ainsi qu'il suit : le jus qui s'écoule une première fois des drêches dans la cuve filtre est recueilli ensuite, par l'intermédiaire d'une ouverture au fond de la cuve, dans une caisse. Au moment d'arriver dans la caisse, un simple petit tamis de cuisine filtre les dernière drêches qui s'écouleraient avec le moût, de façon à en libérer définitivement ce dernier.
Voilà comment cela se présente : 



Une fois le moût filtré par le tamis, il atterrit donc dans la caisse et est pompé directement pour être renvoyé dans la cuve de brassage qui servira, à ce stade, de cuve d'ébullition. Ce sera le début de la nouvelle grande étape. Une étape demandant une grande patience : l'ébullition. Lorsque la cuve de départ est de nouveau remplie de moût, va commencer un laps de temps d'une heure et demie incompressible.
Le début de cette heure et demie d'attente est toujours précédé, à La Roteuse (ce n'est pas une généralité), de ce que l'on appelle "l'écumage". L'écumage consiste à enlever l'albumine de la surface du moût. Il s'agit d'une protéine se "solidifiant" plus ou moins à haute température et lors de l'ébullition. Baptiste et Antoine préfèrent l'enlever afin d'éviter tout risque de débordement, "comme du lait qu'on oublierait d'enlever du feu", ainsi que me l'a expliqué Baptiste. Par la même occasion, l'écumage permet de retirer les derniers résidus de de farines qui viennent s'emprisonner dans l'albumine. Cela se passe ainsi qu'il suit, allons-y pour une bonne suée : 





Enfin, avant de refermer la cuve pour une heure et demie d'ébullition, du houblon en pellet est ajouté au moût. Deux houblons sont ajoutés pour La Canette : un amérisant et un aromatique.

Le pellet a cela d'intéressant qu'à peine entré en contact avec le moût en ébullition, il se désintègre, ce qui lui permet de diffuser ses arômes et/ou son amertume de façon homogène dans le moût.
Ajouté en tout début d'ébullition, ce premier houblon, amérisant donc, va diffuser tous ses arômes, qui s'évaporeront. Ne restera alors que l'amertume de ce houblon qui, elle, survit à une longue infusion dans un moût à ébullition.

Et on referme et en avant pour une heure et demie ! Mais heureusement, on ne fait pas qu'attendre en écoutant Guillaume Meurice sur France Inter (bon, certes, ça prend une bonne partie du temps, mais pas tout...) : d'autres occupations se mettent en place durant l'ébullition.
Par exemple, le pâté de drêches qui reste après la filtration. Qu'est-ce qu'on en fait ? Eh bien avant et pendant le début de l'ébullition, les drêches sont évacuées dans des poubelles afin de prendre la direction des moutons d'un agriculteur voisin. Une petite tâche pouvant également occasionner une petite suée : n'oublions pas qu'on est juste à côté d'une cuve en pleine ébullition...



Autre exemple, pour lequel il faut revenir un peu en arrière : le "pied de cuve". Effectivement, lors de la filtration par le tamis de cuisine à la sortie de la cuve-filtre, Antoine prélève dans une casserole une petite quantité de moût. Cette petite partie du moût va être mise à bouillir puis à refroidir en chambre froide durant l'ébullition. Y sera ensuite versée la levure : le pied de cuve va en fait servir à "réveiller" les levures en les réhydratant, ce qui permettra de les mettre en activité. Ainsi, elles seront à pied d'oeuvre pour débuter directement la fermentation, ce qui revêt une grande importance une fois le moût refroidi. Mais ça, c'est une autre histoire, qui va venir plus tard.

La préparation du fameux "pied de cuve".

On prépare l'échangeur à plaques, qui est le refroidisseur. Le moût doit effectivement être refroidi rapidement, une fois la période d'ébullition terminée. Et ce parce que les levures ne peuvent s'exprimer au mieux qu'à des températures largement inférieures à celle de l'ébullition. L'échangeur fonctionne selon un principe relativement simple : dans un sens circule le moût très chaud, dans un autre sens circule de l'eau très froide. L'échangeur, comme son nom l'indique, fait un échange de chaleur et de froid : le moût en ressort refroidi à environ 25°C ; l'eau quant à elle, ressort réchauffée. Voilà comment se présente la bête : 


C'est aussi à partir de là que commence aussi une phase des plus importantes d'une journée de brassage : le nettoyage et la désinfection du matériel utilisé, à commencer par le tuyau par lequel s'évacuera le moût refroidi. Tout l'intérieur, les embouts, tout est passé au peroxyde d'azote et acide peracétique, désinfectant naturel, et abondamment rincé ensuite : il faut désinfecter pour protéger le moût refroidi de toute bactérie, mais il ne faut surtout pas non plus qu'il entre en contact avec le désinfectant, sinon bonjour les goûts ! Compliqué ? Meu noooon ! 
Il est cependant inutile de désinfecter systématiquement le matériel avant l'ébullition. Nettoyer suffit.



L'échangeur lui-même, mais aussi la cuve de fermentation qui accueillera le moût sont de même passés au désinfectant selon un système de circuit fermé par lequel passeront le peroxyde d'azote et l'acide peracétique mélangés à l'eau, puis l'eau de rinçage.



Enfin, durant l'ébullition a aussi eu lieu le refroidissement du pied de cuve, cité précédemment. Une fois celui-ci ramené à une température avoisinant les 25°C, y sont ajoutées les levures pour réhydratation et "début de travail".


Une fois cette petite "poudre" de levure bien mélangée au moût du pied de cuve, Baptiste et Antoine ont eu l'idée de leur mettre de la musique, dont je tairai le style : ils ont découvert que les levures, êtres vivants comme les autres, travaillaient bien avec certaines musiques, et moins rapidement avec d'autres. Une fois plongées dans le moût, les levures se reproduisent à vitesse "grand V", formant des nuages d'écume. En voici différentes étapes : 

Une demie heure environ après le versement des levures dans le moût du pied de cuve.
Environ 25 mns plus tard.
Encore 10 mns plus tard.

Le temps a passé et nous voilà arrivés à la 75e minute de l'ébullition, moment d'ajouter le deuxième houblon, l'aromatique : à n'ajouter qu'à la toute fin de l'ébullition afin d'éviter que les arômes qu'il dégage ne s'évaporent.



Après 90 minutes, l'ébullition est arrêtée et va donc commencer l'étape du refroidissement rapide : le moût bouillant est donc refroidi par l'échangeur à plaques et transféré ensuite en cuve de fermentation pour y attendre l'ajout des levures. Celles-ci, déjà très actives grâce au pied de cuve, se mettront instantanément au travail, ce qui ne laissera pas le temps à toute autre bactérie nuisible de se développer dans le moût, si tant est que certaines aient pu s'y glisser malgré les protections et l'hygiène instaurées autour de lui dès l'instant où il est refroidi.
En cuve, la fermentation va durer trois semaines, dont une durant laquelle le travail des levures sera intense, et dont les deux autres serviront à la fixation de la bière et de son taux d'alcool. L'ajout de sucre et de levure occasionnera une refermentation en bouteille. Durant deux semaines après la mise en bouteille, la bière sera gardée en chambre chaude, ce qui permettra notamment la prise de mousse. Après ces deux semaines en chambre chaude, la bière suivra une maturation de quatre semaines, dont dix jours en chambre froide pour sa clarification et pour que la gazéification s'homogénéise. Le reste de ces quatre semaines se passe en chambre tempérée, à température de cave. 

Enfin, après ces neuf semaines de fermentation, refermentation et maturation, en avant pour la commercialisation ! 

Mais après le transfert du moût de la cuve d'ébullition à la cuve de fermentation, en passant par l'échangeur à plaques, la journée n'est pas encore finie ! Il survient alors une étape des plus importantes, cocasses et... pénibles de la journée : le nettoyage de la cuve principale, qui a accueilli l'empâtage, l'ébullition et, donc, le houblonnage. Beaucoup de particules de matières premières (malt et houblon) sont forcément restées collées à la paroi. Il paraîtrait même que le cuivre est bien davantage sujet à ce type de problème qu'un simple inox. Alors... Ben une fois de plus on fait chauffer l'huile de coude et on gratte, et on rince, et on gratte, et on rince l'éponge grattante, et on gratte, et on rince. L'un ou l'autre de nos deux compères monte même dans la cuve pour en gratter le fond, pendant que l'autre gratte, rince, gratte, rince son éponge grattante, gratte, rince, gratte, etc... C'est chiant hein ? Ben vous verrez, si vous avez un jour l'occasion de vous y essayer, que c'est moins chiant à lire qu'à pratiquer... J'ai pu expérimenter la chose (toute personne qui voudrait découvrir le brassage aux côtés de Baptiste et Antoine y passera forcément), et encore certainement de façon moins intense que les compères. Je peux dire qu'à savoir qu'ils font ça une fois par semaine (et, quand il le faut, deux fois), je leur tire mon chapeau.


Ce jour-là, c'est Antoine qui s'y est collé...
On rince, on gratte, on rince l'éponge grattante, on gratte, on rince, etc...

Au bout de la journée, plusieurs centaines de litres de moût sont en train de fermenter pour donner, d'ici quelques semaines, une bière légère, sèche et rafraîchissante : La Canette ! 
Et, lecteur, si tu es arrivé jusqu'ici en m'insultant quinze fois pour la longueur de ce post, mais que ça a quand même continué à t'intéresser malgré tout, c'est que tu es près à t'intéresser au brassage, que tu es près à rencontrer Antoine et Baptiste (ou un autre brasseur pas loin de chez toi, qui tiendra un discours similaire sur pas mal de points) pour en discuter avec eux et demander de nombreuses précisions sur l'une ou l'autre bière qu'ils te feront déguster. Crois-moi, ils ont des choses à dire, à raconter. Ce que tu as lu jusqu'à maintenant n'en représente qu'une partie. Si j'avais tout dit, tu m'aurais insulté quinze fois de plus... AU MOINS !
Bref, n'hésite pas, ils aiment parler de leur passion, dont ils ont fait leur boulot, à leur brasserie en intégralité bien évidemment ! ;)

Brasserie La Roteuse
2 Route Nationale 74
21220 Brochon
Pas moyen de les louper, ils sont juste après la gendarmerie en sortant de Gevrey-Chambertin vers Dijon...
03 80 30 79 65
brasserie.la.roteuse@gmail.com
www.facebook.com/brasserie.la.roteuse





jeudi 1 juin 2017

"L'Enrouleuse de braquet" : chêne, bourbon et douceur

Elle a fait partie des très nombreuses possibilités de dégustation du festival des Houblonnades, mais elle ne fait pas partie des bouteilles que j'ai pu en ramener. Non, "L'Enrouleuse de braquet" m'est arrivée des mains de son brasseur même, Arnaud Conchon : rappelez-vous, la Brasserie La Rustine, que j'ai visitée il y a quelques semaines ! Je ne vous présente donc ni l'un ni l'autre. Pour plus d'infos, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessus (ou en fin de page). Cette petite bafouille n'est donc pas tout-à-fait un break dans mon petit feuilleton/compte-rendu du rassemblement dijonnais de brasseurs de ce mois d'avril.

L'Enrouleuse de Braquet est donc l'une des créations d'Arnaud, au milieu d'une blonde, d'une blanche, d'une ambrée IPA et d'une brune. Elle sort pour moi un peu du lot - mais elle n'est pas la seule - pour sa douceur et sa rondeur malgré l'intervention, lors du brassage, de cet autre breuvage autrement plus puissant qu'est le bourbon. Il s'agit effectivement d'une Bourbon Ale ambrée-rousse, de fermentation haute et refermentée en bouteille. Ce qui fait sa spécificité, c'est l'utilisation par Arnaud, lors de la fermentation, de cubes de chêne préalablement infusés dans du bourbon. Elle titre 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte, qu'on dégustera pas trop fraîche, à environ 9-10° C (à mon humble avis, comme d'habitude).

La voici :


Au visuel, elle arbore une robe rousse foncée, trouble, aux reflets cuivrés. Elle est coiffée d'un col de mousse blanc cassé à ivoire, abondante, légèrement collante en toutes petites dentelles, de bonne et longue tenue en un voile homogène à la surface.

Au nez, cette tête de mousse dégage des arômes légers mais persistants, d'abord de malt caramélisé et légèrement grillé, se traduisant notamment par des notes caramélisées et de fruits secs. S'y ajoutent des arômes boisés, ainsi qu'une très légère touche vanillée et de fruits alcoolisés.

En bouche, l'entrée est douce et peu effervescente. Elle débouche sur un corps rond et moelleux aux saveurs de bourbon plus affirmées qu'au nez, entre saveurs caramélisées et boisées entourées de notes de fruits secs macérés dans l'alcool. L'amertume de fin de bouche est légère, discrète, de type herbacé, peu persistante. Elle laisse effectivement la place de façon plus durable aux notes de bourbon.

C'est la première fois que je déguste une ale qui a été en contact avec du bois imbibé d'un alcool un peu plus fort, et se révèle malgré tout d'une grande douceur. Les autres expériences du même type que j'ai pu faire se sont révélées autrement plus corsées. C'est, à mon avis, une réussite qui correspond bien, par ailleurs, à la description qu'Arnaud m'a faite des bières qu'il aime boire et qu'il aime donc brasser ("je suis un vrai bec à sucre !"). Elle ne ravira pas forcément les papilles en quête d'un rafraîchissement ou d'un produit désaltérant du fait d'un corps tout de même costaud. Mais ravira en revanche celles à la recherche d'une bonne dégustation et d'une introduction aux ales brassées en contact avec le bois et des alcools plus forts, soit lors de la fermentation à l'instar de "L'Enrouleuse de braquet", soit vieillies en fûts de vins ou de spiritueux. Une découverte sympathique en tout cas. En terme de "food pairing" (houla, les expressions de dingue que j'utilise ! Faut que je me calme...), je l'associerais bien à des plats de viandes douces en sauce, mais surtout à des desserts comme une bonne crème caramel ou un dessert au chocolat-noisettes, une boule de glace caramel aux noix de pécan, et j'en passe...

Plus d'infos sur la brasserie : 
On peut retrouver les bières de La Rustine à Dijon notamment, chez Bières des Terroirs rue Crébillon (quartier Zola-Monge), (http://www.bieresdesterroirs.fr/).
Mais aussi à la brasserie bien évidemment, au 13 bis rue des Chavannes, 71380 Saint-Marcel (06 89 10 39 79).
Et chez d'autres à Dijon, Beaune, Chalon-sur-Saône, dont vous retrouverez une liste plus complète en vous rendant sur ma bafouille intitulée "Un peu crevé ? Passez à La Rustine !" (cf. lien ci-dessus).



dimanche 28 mai 2017

Avec la 4 Planches, ça sent le sapin...

Je continue mon petit tour des quelques brasseries artisanales dont j'ai pu "prélever" des échantillons aux dernières Houblonnades, à Dijon, début avril. Il sera question, dans la présente bafouille, de la Brasserie d'Epenoy.

Epenoy est une commune située dans le Doubs, à une trentaine de km au Sud-Est de Besançon. Et la brasserie en question, fondée en 2014, y a ranimé de bar du village. La brasseuse, Anaïs Mesnier, est titulaire d'un Master en agro-alimentaire et a fait en partie ses armes au sein de brasseries belges et à Belle-Île-en-Mer : elle m'a expliqué par où elle était passée en Belgique, mais je n'en ai plus le souvenir bien précis (avais-je déjà trop dégusté ?), si ce n'est peut-être la "Brasserie des Légendes" à Ellezelles... peut-être... J'ai davantage le souvenir d'avoir discuté avec elle de... politique. A deux semaines du premier tour de la présidentielle, bizarre... Peut-être confirmera-t-elle son parcours si elle lit ce post.

Ce qui est en tout cas sûr, c'est qu'elle propose de façon régulière une blonde, la Dam'Naïs et une ambrée, la Spinoyenne. Je n'en ai cependant dégusté aucune des deux, ayant pu déguster de la brune épicée style bière de Noël, qui n'est proposée par Anaïs Mesnier qu'une partie de l'année, et qui m'a paru, ma foi, plutôt sympathique. Pour compléter le duo de tête et en faire un trio, il faut bien évidemment ajouter celle qui est le véritable sujet de la présente bafouille : la 4 Planches ! Elle est blonde, c'est-à-dire brassée à partir de malt pâle (sans plus de précision sur la/les variété(s)...), de trois houblons différents (pas plus de précision non plus, mais rien n'est perdu !) et... de liqueur de sapin. Ale de fermentation haute, refermentée en bouteille, elle n'est ni filtrée ni pasteurisée, à l'instar de nombre de productions artisanales. Elle titre 6.5 % de teneur en alcool. ce qui en fait une bière semi-forte qu'on boira plutôt fraîche, autour de 5 à 6 ° C (je précise, comme d'habitude qu'il ne s'agit que de mon humble avis, vous faites ce que vous voulez...).

La voici : 


Une chose de sûre avant tout : certes, ça sent le sapin - et d'aucun le dira dès la première inspiration - mais pour le coup cette réflexion n'induira rien de négatif, voire de morbide. Elle sent tout simplement le sapin... Et c'est pas désagréable !

Au visuel, elle affiche une robe blond pâle de vive effervescence, couleur paille ou... bois de sapin, légèrement trouble avec un léger dépôt, surmontée d'une tête de mousse blanche aux fines bulles très peu collante, persistante en anneau le long de la paroi du verre

Au nez, cette tête de mousse exhale des arômes légers et discrets de malt pâle, panifié, accompagnés de notes boisées et résineuses et d'une touche d'épines de sapin.

En bouche, l'entrée est vive et fraîche, débouchant sur un corps de consistance fraîche et légère, aux saveurs légères elles aussi. Le corps dévoile de légers tons acidulés, citronnés, s'associant à des saveurs boisées, résineuses, et cette même impression d'aiguilles de sapin. Le tout s'accompagne de notes céréalières, de malt panifié, ainsi que de touches épicées précédant une amertume herbacée légère mais suffisamment présente pour être désaltérante.

Une étonnante impression de légèreté se dégage de cette bière, titrant pourtant 6.5 % de teneur en alcool. Sympa par temps chaud lorsque l'on est en quête de légèreté, de rafraîchissement et, en même temps, d'originalité. Encore une belle découverte des Houblonnades ! J'avoue avoir moins d'imagination quant à ce qui peut l'accompagner. Pourquoi pas une salade de chèvre, peut-être du poisson mariné et rôti au barbecue, du Manchego romarin ou un bout de Saveur du Maquis corse. 

Pour plus de renseignements sur la brasserie : 
Anaïs Mesnier
Brasserie d'Epenoy
38 Grande Rue
25800 Epenoy
Ouverture pour dégustation et vente (sur place ou à emporter) du mercredi au vendredi de 16h à 19h et le samedi de 10h à 18h.