mardi 26 septembre 2017

La Vitteaux ambrée

Revenons un peu en Bourgogne, vers une brasserie déjà plusieurs fois abordée dans ces pages : la Brasserie Burgonde, basée à Vitteaux. Intéressons-nous, pour cette petite bafouille, à sa "Vitteaux ambrée".

Cette belle ambrée est produite à base de malt pâle bien évidemment (il en faut dans toute bière pour amener la dose de sucres fermentescibles), mais aussi de malt d'orge caramélisé. De l'orge du Pays de l'Auxois, faut-il le préciser. Je reste dans l'ombre, comme souvent, sur les houblons utilisés vu que je n'ai pas de précision là-dessus. J'en parlerai à l'occasion à Nicolas Bretillon et je vous tiens au jus... Pour le reste, il s'agit d'une bière de fermentation haute, refermentée en bouteille, et dont le goût sera par conséquent évolutif. Elle titre 7 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte que l'on dégustera à environ 10° C.

La voici en image : 


Au visuel, elle arbore une robe couleur cuivrée, légèrement trouble, aux reflets orangés. Elle se coiffe d'un col de mousse blanc cassé aux très fines bulles, abondante, bien collante en fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, elle dégage des arômes moelleux, mêlant notes fruitées légèrement acidulées et tons caramélisés, le tout légèrement relevé par une touche épicée.

En bouche, l'entrée se montre modérément effervescente, de texture légère. Le corps de cette bière, rond, se partage comme au nez entre saveurs fruitées (notes d'abricots et prunes légèrement alcoolisés) et caramélisées. Une touche épicée se fait jour là aussi, qui vivifie les tons moelleux du corps. On distingue de petites notes de fruits secs en fin de bouche. Le tout se termine sur une amertume herbacée discrète mais bien persistante.

Une texture relativement légère, de belles saveurs pour une bonne bière de dégustation. Mais pour l'apprécier pleinement, un bon steak pourrait être une bonne idée, ou encore un bout de Comté fruité 18 mois, un bout du fromage de l'abbaye de Tamié (Savoie) ou de Cîteaux. Pourquoi pas, éventuellement, du Plaisir au Chablis, fromage doux à croûte lavée à la saumure et au Chablis de la Fromagerie Gaugry (Brochon, 21).

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mardi 19 septembre 2017

La Goutte d'Or donne de la puissance

Retour une fois de plus à Paris, à la  Brasserie de La Goutte d'Or. Eh oui, quand je tiens une brasserie de grand talent, j'ai du mal à la lâcher...

C'est pour sa dernière nouveauté qu'on y retourne cette fois : L'Imperann, un Russian Imperial Stout, vieilli en fût de Speyside Whisky qui plus est.

Russian Imperial Stout ? Speyside Whisky ? "Qu'est-ce qu'il nous pourrit le crâne avec des termes bizarres ?", grogneront peut-être certains d'entre vous... Et ils n'auraient pas tort. Petites explications.

Russian Imperial Stout ? Il s'agit d'un style de bière hérité des bonnes relations entre la Russie impériale du tsar Pierre le Grand et l'Angleterre de l'orée du XVIIIe siècle. Anglophile, Pierre le Grand ramena notamment, d'un voyage dans son pays préféré (1698), un grand amour des ales fortes britanniques, les stout ales. Les Porters n'existant pas encore en tant que tels, les stout ales pouvaient à l'époque être brunes ou plus claires. Le Pierrot en question voulut en importer jusque chez lui, dans la lointaine Russie. Mais pour tenir le coup sur plus de 1600 bornes, il fallait une bière fortement alcoolisée et houblonnée. C'est la brasserie londonienne Barclay qui obtint le marché. 
Dans les décennies qui suivirent apparut à Londres le style "Porter", décliné en variantes telles que le "Stout Porter". Ou "Stout" tout court, dont l'Irlande s'est fait une spécialité dès la seconde partie du XVIIIe siècle grâce à une marque mondialement connue, mais aussi - et heureusement ! - grâce aujourd'hui à d'autres, moins importantes mais plus douées.
Barclay continua à brasser pour le marché russe tout au long du XVIIIe siècle et, avec le perfectionnement des techniques, les stout ales du marché russe devinrent des Stout Porters. L'impératrice Catherine II, ou la Grande Catherine (1762-1796), était elle aussi très friande de ces bières foncées très fortes. Elle s'en faisait donc brasser tout spécialement. Ainsi est naturellement né l'Imperial Stout, qui se développa aussi, bien évidemment sur le marché anglais de la bière. Tombé en désuétude aux XIXe et XXe siècles, comme bien d'autres styles de bière, l'Imperial Stout est réapparu ces dernières années à la faveur de la révolution mondiale de la microbrasserie artisanale, partie des States à la fin des années 70. Un style réputé aujourd'hui pour être capiteux et d'une grande puissance gustative.

Speyside Whisky ? Là, c'est plus simple : le Speyside est une région grande productrice de whisky du Nord de l'Ecosse. Elle concentrerait environ les 2/3 des distilleries écossaises de whisky (source : http://www.whisky.fr/pays-d-origine/ecosse/speyside.html). L'Imperann a donc été vieillie en fûts de whisky venus de cette région.

Imaginez une bière d'un style réputé puissant agrémenté de saveurs venues d'un fût ayant contenu du whisky... Pour le reste, l'Imperann a été brassée à partir d'orge maltée et - il y a de fortes chances - d'orge torréfiée, ainsi que d'avoine. Pour les houblons, c'est l'inconnue. De fermentation haute, elle a été mise à maturation durant quatre mois en fût de Speyside Whisky donc, avant - il y a là aussi de fortes chances - une dernière période de maturation et de refermentation en bouteille. Elle titre 10.7 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière très forte, qu'il vaut mieux savourer lentement et à une température d'entre 10 et 12° C (à mon humble avis, comme toujours, vous faites comme vous voulez).

Voilà la bête : 


Au visuel, elle nous montre une robe noire opaque, surmontée d'une tête de mousse brun clair d'abord abondante, plutôt compacte, bien collante en fines dentelles horizontales, bien persistante ensuite en un fin col de consistance crémeuse, type mousse de café espresso.

Au nez, on perçoit des arômes corsés et alcoolisés. Cela se traduit par des notes torréfiées et de chocolat noir, adoucies d'une touche caramélisée et légèrement vanillée. Tout cela se mélange à un côté capiteux relativement prononcé avec des vapeurs alcoolisées rappelant le bourbon.

En bouche, l'entrée de consistance épaisse, presque huileuse, est malgré tout un peu allégée par une certaine effervescence. Suit un corps d'une belle puissance et vif, aux saveurs prononcées de chocolat, de grillé, de café, arrondies par une touche caramélisée. Le tout est environné de fortes notes alcoolisées, chaleureuses, mêlant whisky, notes boisées et notes grillées. L'amertume de fin de bouche, tranchante et grillée, persiste longuement en compagnie de la chaleur que l'on peut attendre de tels tons alcoolisés.

Ma réaction lors de la toute première gorgée a été "WOW !" tellement la puissance de ce breuvage a paru m'exploser dans la bouche. Tout y était : la force, les saveurs chocolatées, grillées, torréfiées, l'enivrante chaleur d'un alcool bien présent et amenant des saveurs boisées et de whisky indéniables, et une amertume persistante. Un vrai plaisir, un redoutable plaisir même, à ne pas se faire n'importe quand ni n'importe où : privilégiez une fin de soirée tranquille ou un moment de partage avec un ou deux de vos meilleurs amis. Une sensation de bien-être et de somnolence peut s'emparer de vous à la fin du verre...

Pour les dijonnais et côte-d'oriens, desquels je ne suis jamais très loin, il est possible de la trouver à la crémerie La Grapillotte : 
- 26 rue Monge, 21000 Dijon
- 5 rue des Grandes Varennes, 21121 Ahuy
Et peut-être chez d'autres, mais je ne suis pas au courant... 

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samedi 2 septembre 2017

Enfin une Noblesse sympa !

Aucune connotation politique ou historique dans ce titre, bien entendu. Ceux qui me connaissent n'en peuvent douter une seule seconde... Il m'est venu comme ça, juré !

Pour preuve, la Noblesse dont il est question n'est autre qu'une bière... Belge, ce qui me permet de revenir pour la première fois depuis bien longtemps sur cette belle terre de bières.

Cette Noblesse nous vient de la Brasserie De Dochter Van de Korenaar dont je ne piperai mot : désolé, une brasserie belge flamande qui "oublie" qu'elle se trouve dans un pays en partie francophone à tel point qu'elle ne met son site Internet qu'en Flamand et en Anglais, ne me donne même pas envie de m'y intéresser... J'ai beau me débrouiller en Anglais, la question n'est pas là. Bref, rien de politique ici, ce n'est pas mon genre... Pour ceux qui veulent tout de même s'informer, voici l'adresse du site : www.dedochtervandekorenaar.be

Tout ceci mis à part, nous avons ici affaire à une petite blondinette de caractère, de fermentation haute, refermentée en bouteille, titrant 5.5 % de teneur en alcool. Ce qui en fait une bière légère, mais ne s'en tenir qu'à cette information pourrait s'avérer trompeur. A ce propos, on ne la dégustera pas aussi fraîche que bien d'autres bières du même volume d'alcool. La boire très fraîche constituerait un sacrilège tellement elle dégage de saveurs et de caractère. Bref, à 8-9° C, on n'est pas mal.

Voilà cette Noblesse sympa : 


Au visuel, elle présente une robe ambrée trouble aux reflets orangés. Elle est coiffée d'une fine tête de mousse blanc cassé de consistance crémeuse, légèrement collante en fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, ce col de mousse dégage des arômes houblonnés se traduisant par des notes florales et herbacées fraîches, accompagnées  d'arômes épicés prononcés et d'une touche miellée.

En bouche, l'entrée est d'effervescence modérée. On aboutit à un corps moelleux mais amenant une certaine puissance tout de même, le tout se traduisant par des saveurs d'abord biscuitées et miellées, relevées de notes florales et épicées prononcées. L'amertume de fin de bouche s'avère prononcée et tranchante, herbacée agrémentée d'une touche d'amertume de pamplemousse.

On a ici une bière légère mais à la belle puissance de saveurs, faisant penser à une bière à plus forte teneur en alcool. Notes miellées, florales, caractère épicé, tout y est pour faire une grande bière de dégustation. Et en même temps, elle garde un certaine légèreté et un caractère désaltérant non-négligeable. A découvrir, comme d'autres bières de la gamme d'ailleurs...

jeudi 24 août 2017

La Château Rouge, une dégustation pimentée !

Ma toute dernière dégustation m'a ramené à Paris, vers une brasserie déjà connue des lecteurs de mes petites bafouilles : la Brasserie de La Goutte d'Or, située rue de La Goutte d'Or, dans le XVIIIe arrondissement.

Je l'ai déjà présentée, mais pour ceux qui ont loupé l'épisode, je les invite à relire ma bafouille sur la triple au café de cette brasserie talentueuse : La 3 Ter, quand brasseurs et torréfacteurs se rencontrent...

Sans perdre de temps, passons au sujet "brûlant" de cette bafouille : la Château Rouge. Nous avons affaire à une ale rousse aux piments à base de malts Munich (pâle, mais aux saveurs plus prononcées qu'un Pils classique) et Caramel (plus foncé, chauffé sans avoir été séché comme on le ferait pour les autres malts, faisant gélatiniser le coeur du grain, le transformant en caramel : un grain qui amène du goût et des sucres non-fermentescibles qui donneront corps et rondeur à la bière. Source : Les Malts caramel.). Les brasseurs de La Goutte d'Or assaisonnent le tout non seulement avec du houblon, comme d'habitude, mais aussi avec trois types de piment, sur lesquels je n'ai pas d'informations, désolé... Rien n'est indiqué sur le site, je ne suis pas en contact avec les brasseurs, et ces derniers tiennent certainement à garder quelques-uns de leurs secrets. Mais peu importe, c'est le produit fini qui est intéressant. Elle titre 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. A déguster idéalement entre 7 et 10° C, selon les brasseurs.


Au visuel, elle se pare d'une robe rousse foncée aux reflets cuivrés à rougeâtres, légèrement trouble. Elle est surmontée d'une tête de mousse couleur crème à chamois, abondante, de consistance crémeuse, "rocailleuse", bien collante en larges dentelles, bien persistante en un épais col.

Au nez, cette belle tête de mousse dégage des arômes prononcés de fruits rouges, accompagnés de notes de fruits secs et d'épices. On sent une pointe pimentée surprenante mais pas désagréable en arrière-plan.

En bouche, l'entrée est vive et légèrement piquante (sur le bout de la langue), donnant sur un corps tout d'abord moelleux aux saveurs de fruits rouges et caramélisées. Elles laissent rapidement la place à des notes plus relevées de poivre et d'épices (muscade) et à une chaleur épicée croissante aux pointes pimentées indéniables (3 piments différents quand même...). Tout cela donne une finale relevée, piquante et légèrement amère, d'une amertume herbacée. Une chaleur longuement persistante.

Le côté piquant pimenté est bien équilibré par le moelleux du corps. Il n'y a rien d'envahissant, ce qui rend la dégustation agréable. L'expérience a été sympa et, au contraire d'autres expériences pimentées plus "agressives", je renouvellerais volontiers celle-là régulièrement. 

Et une deuxième belle expérience issue de la Brasserie de La Goutte d'Or ! 

Brasserie de La Goutte d'Or, 
28 rue de La Goutte d'Or
75018 Paris
09 80 64 23 51
06 18 53 77 70

Pour les Dijonnais, elle est désormais disponible à la Crèmerie La Grapillotte : 
26 rue Monge, 21000 Dijon
5 rue des Grandes Varennes, 21121 Ahuy
Et peut-être chez d'autres, qu'ils se dénoncent...

mardi 8 août 2017

Retour à la Compagnie Tourangelle de Bières !

Nous voilà repartis en direction de Tours, grâce une fois de plus à Nicolas Seyve, brasseur de la Belenium. Toujours en relation avec la Compagnie Tourangelle de Bières, Nicolas m'a récemment fait cadeau d'une bouteille de la Royale IPA session #2 de la CTB. D'où la raison de ce nouveau passage par les bords de la Loire. De fait, l'IPA session #1 était séduisante, la session #2 l'est au moins tout autant. La grande particularité est que le hasard a fait que j'ai pu accéder grâce à Nicolas à un produit en avant-première. En effet, après renseignements pris auprès de Karim et Maxime, brasseurs de la CTB, la Royale IPA session #2 n'est pas encore officielle. Mais c'est imminent et le privilège me revient d'en donner un avant-goût à ceux qui voudront bien lire cette petite bafouille.

Je ne vais pas revenir sur la Compagnie Tourangelle de Bières et ses objectifs. Je me suis déjà étendu dessus dans d'autres bafouilles il y a plusieurs mois. Je vous invite, si vous voulez plus d'infos, à vous rendre sur le site de la CTB (cf. lien ci-dessus) ou à relire mes premières bafouilles (cf. liens en fin de post).

La Royale IPA session #2 est une bière de fermentation haute, refermentée en bouteille, houblonnée à cru comme toute IPA. Maxime et Karim m'ont laissé entendre qu'ils l'avaient houblonnée aux houblons Chinook (américain, aromatique et/ou amérisant aux arômes d'agrumes et de pin) et Centennial (américain, aromatique et/ou amérisant, aux arômes floraux et d'agrumes, citronnés notamment). Elle titre 5.7 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère. Ce qui n'enlèvera pas grand chose à son caractère. On la dégustera à environ 7-8° C. J'ai peu d'infos à donner en sus sur sa composition, le secret étant encore complet (rien n'a transparu sur le site, et pour cause...). Je laisse donc aux brasseurs le soin de faire paraître le moment venu toutes les infos nécessaires. Rendez-vous sur le site de la brasserie la semaine prochaine (sans oublier la page Face de book).

Mais n'en disons pas plus et laissons la place à

La Royale IPA session #2

Sorry pour l'étiquette, il fait tellement chaud en ce moment que la bouteille a condensé. Mais ce qui est beau, c'est qu'une fois que la bouteille a séché, l'étiquette est redevenue blanche immaculée...
Au visuel, s'offre aux yeux une robe ambre pâle à foncé de la base du verre à la mousse, trouble aux reflets presque cuivrés. Une robe coiffée d'une tête de mousse blanche à grosses bulles, abondante, légèrement collante en longues et fines dentelles horizontales, bien persistante en un fin col.

Au nez, les arômes sont prononcés et vifs sur les agrumes, entre citron vert et pamplemousse. Les accompagnent des notes plus douces de clémentine et de fruits de la passion, ainsi qu'une touche résineuse. Le tout en un bouquet vif et agréable, qui saute aux narines, et qui promet une belle dégustation.

En bouche, l'entrée est vive et légèrement acide, débouchant sur un corps de texture légère où l'amertume, prononcée, prend place très rapidement pour devenir prépondérante. Au-delà, on décèle tout de même facilement de belles saveurs d'agrumes avec le même citron vert et de l'orange, le tout environné de notes résineuses pas désagréables. L'amertume de pamplemousse, vive et vite prépondérante, s'éternise longuement en fin de bouche.

Encore un produit issu de la CTB qui sera à essayer, surtout pour les grands amateurs d'amertume. Effectivement, malgré un IBU relativement modéré de 55, l'amertume devient très rapidement prépondérante sans agresser le palais pour autant. Une bière au corps de texture légère d'une belle vivacité et au caractère amer bien trempé. Digne de la capacité déjà démontrée par la CTB à créer des produits de qualité. En termes de food pairing, je l'accompagnerais bien de viande grillée, fumée, voire de gibier. Ou pourquoi pas un bout de bleu d'Auvergne, ou encore de la Tomme aux fleurs sauvages affinée. Mais je laisse le soin aux brasseurs de vous indiquer les meilleurs plats pour l'accompagner. 

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mardi 25 juillet 2017

L'Elixkir Blanche IPA : encore un truc sympa...

Je ne vais pas perdre mon temps, ni vous faire perdre le vôtre à vous lecteurs, à vous présenter encore une fois la Brasserie Elixkir et ses créateurs Guillaume et Amélia. Je n'en suis jamais qu'à mon neuvième article consacré à l'une de leurs bières...

Alors on va passer sans trop attendre à l'objet de cette bafouille qui, là encore, est nommé dans son titre : l'Elixkir Blanche IPA, comprise comme sa grande soeur l'Elixkir IPA, dans la gamme "IBU Profane" de la brasserie. Pour être précis, elle est du style Wheat India Pale Ale, ou India Pale Ale de blé (ou froment) qui allie le côté rafraîchissant des bières blanches et la puissance de saveur et d'amertume de l'India Pale Ale. Elle est donc brassée à partir de malts d'orge et de froment, à l'instar de nombreuses bière blanches, beaucoup d'autres renfermant une part de froment non-malté. Les houblons utilisés sont le Mistral (aromatique, fin, au bouquet fruité sur le litchi ou les raisins blancs, et florales sur la rose et le Jasmin) et le Styrian Cardinal, sur lequel je n'ai malheureusement pas trouvé beaucoup d'informations. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille et titre 5.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère. On la dégustera, à mon humble avis comme toujours, aux environs de 5-6° C.

Voici la la p'tite blanche en image : 


Au visuel, elle dévoile une robe blond pâle dans le bas du verre, qui fonce en remontant, jusqu'à devenir presque ambrée sous le col de mousse. Son trouble est important, à l'image de toute bière blanche qui se respecte, mais est traversée de reflets dorés. Elle est surmontée d'une tête de mousse blanche vive et abondante, à très fines bulles, légèrement collante en fines dentelles, bien persistante en un fin col.

Au nez, cette tête de mousse dégage des arômes légers, au bouquet fruité et floral, se traduisant par des notes citronnées et d'ananas (les brasseurs parlent aussi de litchi : j'avoue ne pas avoir eu le nez assez fin pour le sentir). En fond, on distingue des notes herbacées et florales, ainsi qu'une toute petite touche épicée.

En bouche, l'entrée est vive et débouche sur un corps tout aussi vif, fruité aux saveurs d'agrumes, citronnées notamment mais aussi d'orange amère, accompagnées de ces mêmes notes exotiques d'ananas, plus moelleuses. Ce passage plus moelleux est à nouveau relevé par une touche épicée. L'amertume de fin de bouche se développe rapidement, jusqu'à devenir explosive, oscillant entre pamplemousse et notes herbacées. Elle s'avère bien persistante.

Je n'ai que trop peu eu l'occasion de déguster ce style de bière, et j'avoue que je suis parti avec un a priori plutôt négatif, n'étant pas forcément un très grand amateur de blanches - peut-être certains auront-ils d'ailleurs remarqué que l'Elixkir blanche ne fait pas partie des déjà nombreux posts consacrés à Elixkir... Mais il faut bien admettre que la blanche IPA est un mélange plutôt sympa, en tout cas la version Elixkir. Ce mélange entre un caractère citronné prononcé, des notes fruitées plus moelleuses et une amertume puissante se révèle finalement séduisant. En revanche, pour ce qui est du food pairing, je reste un peu dans l'ombre, mais je pense que si vous l'accordez à un sorbet citron, ça pourrait déjà bien se passer, ou à des amuses-bouches épicés.

Plus de renseignements sur la brasserie sur www.brasserieelixkir.fr

On peut retrouver les breuvages de la Brasserie Elixkir à Dijon notamment, chez : 
  • Bières des Terroirs, rue Crébillon, quartier Zola-Monge, www.bieresdesterroirs.fr, 03 71 19 90 97 ; 
  • Crèmerie "La Grapillotte" 26 rue Monge et 5 rue des Grandes Varennes (21121 Ahuy) où vous trouverez l'IPA et l'ambrée ; 
  • Hyperboissons, 110 avenue Roland Carraz (21300 Chenôve), www.hyperboissons-dijon.com, 03 80 40 39 06 ; 
  • à la brasserie bien évidemment, 9C rue de l'Artisanat à Couternon (21560) ;
  • Et sûrement chez d'autres, ils peuvent se dénoncer... ;-)
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mardi 18 juillet 2017

La Rétropoussette, l'ambrée IPA de "La Rustine"

"Jean n'avait plus de jus dans les cannes. Quand la voiture du directeur approcha, il prit une bonne "rétropoussette" sur le rétroviseur. Quel fripon ce Jeannot !" Il fallait bien qu'en cette période de Tour de France on fît allusion à un peu de cyclisme ! Et quelle meilleure occasion de présenter l'une des créations d'Arnaud Conchon, fondateur de la Brasserie au nom évocateur de "La Rustine" ? Je ne présente plus la brasserie. Si vous ne la connaissez pas, suivez le lien ci-dessus, ou le lien en fin de bafouille. Une brasserie dont les différentes bières portent toutes un nom se rapportant au cyclisme. 

Pour cette bafouille ce sera donc, ainsi que l'annonce le titre, La Rétropoussette. C'est à cette IPA ambrée qu'est liée la petite anecdote qui commence le présent texte (je n'ai pas inventé ça tout seul, vous vous en doutez bien...).

La Rétropoussette, c'est déjà trois céréales : orge, blé et seigle, toutes maltées. C'est aussi des houblons aux saveurs exotiques, notamment le Citra qu'Arnaud aime à utiliser. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille. Ce qui lui laisse, comme dans l'immense majorité des bières artisanales, un dépôt de levure en fond de bouteille. Mais on ne répétera jamais assez que c'est inoffensif, que cela peut se consommer avec le reste de la bouteille, et que cela participe de l'authenticité du produit. Elle titre 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte, que l'on dégustera (à mon humble avis comme toujours) à environ 7-8° C.

La Rétropoussette : 


Au visuel, elle dévoile une robe ambrée foncée au trouble important (ben oui, moi je verse toute la bière, y compris la levure du fond... Même pas peur !) et aux légers reflets cuivrés. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanc cassé abondante, "rocailleuse" (entendez par-là que la mousse ne se réduit pas, à l'instar de nombreuses autres bières, uniformément mais par morceaux ; aucun rocher ou caillou dans cette mousse, hein !), bien collante en grosses dentelles, et bien persistant en un épais col.

Au nez, le bouquet se révèle discret et doux, entre arômes miellés et biscuités et notes fruitées sur la pomme et les fruits exotiques comme la mangue, le citron... Le tout s'accompagne d'une touche résineuse volatile.

En bouche, c'est d'abord une entrée à l'effervescence modérée, donnant sur un corps moelleux relativement puissant et de consistance riche. Il mêle saveurs de fruits secs et notes miellées à d'autres de fruits exotiques (on retrouve la mangue), auxquelles s'ajoutent de petites notes grillées et épicées qui contribuent à relever un peu ce corps avant que ne s'installe l'amertume. Celle-ci, plutôt modérée par rapport à nombre d'autres IPA, tranche tout de même bien avec le moelleux du corps et dégage des notes herbacées et légèrement résineuses. Elle persiste assez longtemps en bouche.

Une IPA originale en cela qu'elle sort un peu des sentiers battus des IPA actuelles où les saveurs fruitées des houblons utilisés priment sur tout le reste au niveau du corps. Ces saveurs sont bien entendu présentes sur la Rétropoussette mais pas dominantes puisqu'elles doivent composer avec une certaine douceur miellée et les notes un peu plus âpres des fruits secs. Et c'est là l'un des grands intérêts de cette ambrée IPA. Arnaud n'étant pas vraiment un inconditionnel de l'amertume, celle de la Rétropoussette se révèle modérée pour une IPA. Elle ne devrait donc pas rebuter ceux qui craignent cet aspect, pourtant quasi-incontournable, de la bière. A essayer avec du gibier ou de la viande grillée au barbecue, type "Ribs" légèrement relevés, ou encore un bon toast de fromage de chèvre au miel. Pourquoi pas à l'automne, en accompagnement de châtaignes grillées ou de noisettes.

La Brasserie : 
Brasserie La Rustine
13 bis rue des Chavannes
71380 Saint-Marcel
06 89 10 39 79
conchon.arnaud@larustine.net

Où trouver la Rustine ? 
- Bières des Terroirs, rue Crébillon, 21000 Dijon, quartier Zola-Monge, www.bieresdesterroirs.fr, 03 71 19 90 97.
- Hyperboissons, 110 avenue Roland Carraz, 21300 Chenôve, www.hyperboissons-dijon.com , 03 80 40 39 06.
- et peut-être d'autres à Dijon, qu'ils se dénoncent ! ;-)
- dans les caves et bars de Chalon-sur-Saône bien entendu (pour plus d'infos, je vous renvoie à ma bafouille consacrée à la brasserie, cf. lien ci-dessous).

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