mardi 26 juin 2018

La Pale Ale des Ducs : fraîcheur et légèreté

Je me fais plus discret en ce moment, mais je n'oublie pas de continuer à déguster des bières. Et il n'aura (peut-être) pas échappé aux lecteurs assidus de ces pages que je n'ai pas achevé de présenter les bières de la toute jeune Brasserie des Ducs, basée à Longchamp. De fait, dans la gamme "Hop'Stination", il manque la Pale Ale.

Je ne m'amuserai pas à vous encombrer cette bafouille en vous présentant une nouvelle fois la brasserie et ses gérants Luc et Vanessa. Donc sans plus perdre de temps, passons à cette Pale Ale, idéale pour les chaudes journées qui s'annoncent encore prochainement.

Trois malts et du froment interviennent dans sa composition : 
  • du malt pale ale aux notes à dominante de pain, fruits confits et miel ;
  • du malt Caravienne pour donner du corps et une partie de sa couleur à la bière, ainsi que des notes toastées ;
  • du malt ambré (touraillé à une température oscillant entre 150 et 160° C) pour compléter la couleur et ajouter des notes biscuitées.
  • du froment, utilisé notamment pour une bonne tenue de mousse.
Au niveau du houblonnage, Vanessa et Luc assaisonnent leur Pale Ale de :
  • houblon américain Mosaïc, croisement des houblons Simcoe et Nugget à la complexe palette aromatique fruitée (des agrumes aux fruits exotiques en passant par les fruits rouges) et végétale (notes herbacées, terreuses, de pin...) ; 
  • houblon américain Cascade, l'une des coqueluches des artisans brasseurs du monde entier avec ses arômes floraux et épicés, résineux et d'agrumes, ainsi que son amertume type pamplemousse.
Pour le reste, la Pale Ale de la Brasserie des Ducs est une bière de fermentation haute, refermentée en bouteille et titrant 5.4 % de teneur en alcool. Une bière légère donc, que je suggère de déguster fraîche, aux environs de 5-6° C.


Au visuel, elle se pare d'une robe ambrée légèrement trouble aux beaux reflets cuivrés. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanc cassé abondante, à grosses bulles, légèrement "rocailleuse", bien collante en longues et larges dentelles, bien persistante en un col épais.

Au nez, les arômes sont plutôt discrets mais dégagent d'agréables notes de fruits exotiques, tels que la mangue, la papaye, le litchi. La clémentine et l'orange se font sentir en arrière-plan. Petite pointe biscuitée sur la fin.

En bouche, l'attaque est fraîche et finement effervescente. On aboutit sur un corps doux et de texture légère, aux saveurs tout aussi fruitées qu'au nez, avec des notes exotiques de mangue et de papaye rafraîchissantes, avant une finale à la légère amertume aux notes d'agrumes amères. Elle persiste peu cependant. On garde en bouche cette belle fraîcheur fruitée.

Cette Hop'Stination Pale Ale allie brillamment les qualités d'une bière de dégustation sympa et d'un breuvage de rafraîchissement efficace. Difficile de dire mieux. La discrétion des arômes mise à part, la fraîcheur, la légèreté et la saveur sont au rendez-vous. Et d'après mes échos, je ne suis pas le seul à le penser... Une petite suggestion d'accompagnement ? Allez ! Pourquoi pas avec des fruits de mer, du poulet mariné grillé au barbecue, du Comté doux ou du régal de Bourgogne à la papaye, ou encore une salade de fruits exotiques bien fraîche.

lundi 4 juin 2018

Una cerveza de Valencia

Rassurez-vous, cette bafouille sera écrite en Français. Non, ma langue maternelle n'est pas subitement devenue l'Espagnol. J'en baragouine bien un peu mais faut pas déconner. Ce titre me paraissait juste valoir toutes les intro de bafouille...

Je vous emmène effectivement en Espagne, à la Brasserie Tyris, fabrica de cervezas artesanas, basée à Valence. Une brasserie qui, cependant, ne peut s'empêcher de succomber à la mode consistant à utiliser des termes anglophones pour qualifier ses bières : craft creative beers. Je n'en sais pas des tonnes sur la brasserie elle-même, si ce n'est qu'ils sont deux passionnés à l'avoir fondée... je ne sais pas quand. Pas facile quand il est impossible d'accéder à un site Internet qui refuse de s'ouvrir... Une brasserie semblant dotée d'une certaine notoriété : on me dira que ça vaut ce que ça vaut (et "on" n'aurait pas tort...), mais sa page Facebook est suivie par plus de 14 000 personnes. Un chiffre à faire pâlir d'envie les pages Facebook de nombre de brasseries artisanales françaises. C'est tout de même un signe. Une brasserie, enfin, dotée d'une "tap room".

"Et allez ! le revoilà avec ENCORE un de ces termes new wave of brewers !". Rassurez-vous, je ne vous soûlerai pas longtemps d'explications sur ce terme, qui signifie juste que la brasserie a son propre bistrot, ou pub, où elle propose ses produits à la consommation. Certaines brasseries en France proposent aussi ce type de "room". Alors pourquoi nous casser la tête avec ce genre d'anglicisme au lieu de parler simplement de bistrot ou de pub (qui est un anglicisme aussi, je le concède) ? Allez savoir, peut-être pour faire meilleur genre, ou pour faire moins old school (oh m..., v'là que je m'y mets aussi !).

Enfin bref, venons-en quand même à la bière objet de cette bafouille : la Tyris Original. Une belle blonde houblonnée, pour partie au moins, à l'aide de houblons frais. C'est-à-dire qu'il n'est pas transformé (ni séché, ni concassé et compacté en pellets) et passe du champ à la brasserie pour utilisation immédiate. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille. Elle titre ainsi 5 % de teneur en alcool. Ce qui en fait donc une bière légère, que je suggère de déguster aux environs de 6-7° C.

La Tyris Original


Au visuel, c'est une robe dorée légèrement trouble qui s'offre aux yeux, traversée de reflets ambre claire. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanche fine, bien collante en longues et fines dentelles, persistante en un fin voile à la surface. 

Au nez, les arômes sont discrets au premier abord, mais mêlent notes florales et fruitées, notamment d'agrumes et de fruits jaunes type prune-mirabelle. On distingue, au milieu de tout ça, une touche maltée panifiée.

En bouche, l'entrée est vive, fraîche et sèche. Le corps qui suit se révèle plutôt puissant et un peu plus rond du fait de notes maltées donnant des saveurs panifiées et miellées. Elles s'agrémentent de belles saveurs fruitées sur les fruits jaunes et les agrumes douces type orange ou clémentine. L'amertume de fin de bouche s'avère modérée mais rafraîchissante, avec des notes de pelures d'agrumes et doucement herbacées, persistante.

Une robe séduisante, des arômes doux et fruités, un breuvage vif, léger et rafraîchissant grâce à ses notes fruitées. Son amertume de fin de bouche ne gâche rien et désaltère son homme (ou sa femme...). Rien de révolutionnaire ici, mais tout d'agréable. Elle se mariera bien avec un bon camembert affiné ou, plus doux, un Brillat-Savarin. 

Pour en savoir plus sur la brasserie : 

lundi 28 mai 2018

Petit tour dans les Gorges

Petite idée pour cette nouvelle bafouille : je vous propose de sortir de Bourgogne et d'aller nous perdre dans le petit paradis que sont les Gorges du Verdon. Outre ses falaises escarpées, ses superbes paysages, ses routes carrément super étroites et ses petits villages accrochés aux flancs des gorges, cet écrin de nature renferme aussi, vous l'aurez deviné (ben oui, sinon pourquoi vous en parlerais-je ici ?), quelques trésors brassicoles.

Je vous amène, pour la bière de cette bafouille, dans la petite ville atypique de Moustiers-Sainte-Marie. Je ne suis pas allé chercher cette bière là-bas, celle-ci et l'une de ses sœurs étant venues jusqu'à moi. Mais une coïncidence de la vie a fait que j'ai pu visiter, il y a quelques années, cette petite commune qui a fait son nid dans la roche des Alpes de Haute-Provence. Comment ça on s'en fout de ma vie ? M'en fous aussi, je continue ! Ma première réflexion, en arrivant à Moustiers-Sainte-Marie, a été : "on dirait Minas-Tirith (cité du Seigneur des Anneaux, de Tolkien) en miniature". Oui bon, j'étais peut-être un peu geek, avant d'être beer geek... On ne peut pas être parfait à tout moment ! Bref, si vous en avez l'occasion, visitez cette petite ville étonnante adossée à la paroi, où l'Histoire et les hommes ont creusé et façonné tout un chemin entre les falaises menant à une petite chapelle, de laquelle s'étend un panorama qui vaut la peine de grimper jusque là. Je ne serais peut-être pas mauvais non plus, en guide touristique...

Bon d'accord, revenons à l'objet premier de cette bafouille. Parmi les petites productions brassicoles de la région, se trouve donc La Mouss'Terrienne. Il s'agit du nom de la gamme de bières artisanales brassées par les Apiculteurs Brasseurs du Verdon, basés bien évidemment - sinon je ne vous aurais pas soûlés avec ça... - à Moustiers-Sainte-Marie. Celle que je présente ici est la Mouss'Terrienne ambrée au miel. Il est difficile de trouver beaucoup d'informations sur ces bières et leur(s) producteur(s). Contentons-nous donc, à défaut de pouvoir faire l'aller-retour sur une après-midi, des infos de l'étiquette et du peu qu'il fut possible de glaner sur Internet. Cette ambrée, brassée donc à partir de malt pâle et d'autres torréfiés à plus haute température et plus foncés, est de fermentation haute et refermentée en bouteille. À quel moment intervient le miel ? Mystère, mais peut-être est-il utilisé, à l'instar de nombre d'autres bières au miel, pour la refermentation ? Mais tout cela n'est qu'hypothèse, je n'irai donc pas plus loin en conjecture. Elle titre en tout cas 7 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. On la dégustera, simple suggestion comme d'habitude, à environ 9-10° C : elle dégage un bouquet qu'il serait dommage de briser. 

La Mouss'Terrienne ambrée au miel


Au visuel, elle se pare d'une robe ambrée légèrement trouble aux reflets cuivrés et est parcourue d"une effervescence plutôt vive. Et elle se coiffe d'une tête de mousse blanc cassé à ivoire vive, de bonne tenue et bien collante en bouts de dentelles fines, bien persistante en un fin col.

Au nez, cette tête de mousse exhale des arômes prononcés d'épices (cannelle, clou de girofle...) et miellés, chaleureux. On peut percevoir, au second plan, une pointe toastée de malt.

En bouche, l'attaque est vive et débouche sur un corps puissant et astringent. De texture ronde et moelleuse, miellée, il développe des saveurs épicées marquées et chaleureuses, toujours sur la cannelle, les clous de girofle... Une touche toastée à briochée de malt ne se fait pas oublier, avant une fin de bouche à l'amertume herbacée très légère et peu persistante. En revanche, chaleur et saveurs épicées persistent plus longuement.

Il m'a rarement été donné de déguster une bière au miel aux saveurs épicées si prononcées et chaleureuses. La rondeur et le moelleux du corps sont les bienvenus pour contrebalancer cette puissance. Une bière étonnante qui élargit le champ de vision qu'on a habituellement de ce style, où la douceur prime en général. Bien que moins alcoolisée, elle m'a paru révéler plus de puissance en bouche que la bien connue Barbar. Une bière de caractère, à l'image de sa commune de naissance. En accompagnement, elle se mesurera bien à un fromage épicé tel que de la Tomme de brebis au piment d'Espelette, une tomme autrichienne aux fleurs sauvages ou encore au Saveur du Maquis (fromage de brebis corse, couvert d'un mélange d'herbes aromatiques agrémenté de petits piments rouges). Pourquoi pas encore un puissant Époisses ou un morceau de vieux Comté (30 à 36 mois).

La brasserie : 
Les Apiculteurs brasseurs du Verdon
Gaec BMV Scipion
Chemin de Melen
04360 Moustiers-Sainte-Marie
apiscipion@gmail.com
06 72 73 77 88



vendredi 11 mai 2018

La Roteuse fait aussi dans le "Brett"

Ben oui, encore La Roteuse ! Z'avez vraiment cru que j'allais enfin vous laisser tranquilles avec les compères de La Roteuse ? Eeeeh ben c'est pas pour tout de suite ! Pas ma faute si leurs bières ont ce petit quelque chose qui m'inspire ! Alors pour toute réclamation, s'adresser directement à Baptiste ou Antoine, Brasserie La Roteuse, RD 974, 21220 Brochon. Ils vous offriront une petite dégustation, et peut-être comprendrez-vous...

Ceci dit, je promets de me diversifier un peu dans les temps à venir.

Bon, l'intro c'est fait ! Mais il ne faudrait pas trop tarder à passer à l'objet de cette nouvelle bafouille. Beaucoup d'entre vous savent que La Roteuse a sorti il y a quelques semaines une gamme éphémère dont toutes les bières s'appellent "La Potion", quel que soit leur style. Mais que ceux qui ne connaissent pas se rassurent : chacune a pour nom "La Potion suivi du style que renferme la bouteille". Ouf ! Alors après La Potion Triple, après La Potion Triple vieillie en fût de Marc de Bourgogne, voici venir La Potion Triple Sour (z'avez vu comme je place bien mes autres bafouilles, au passage ?). Oui, ils aiment bien la triple... Voilà qui tombe bien, moi aussi !

"Sour ? C'est quoi ça sour ? V'là qu'il va encore nous embrouiller avec ses termes new wave of brewers !" Pas de panique, je vais tenter de définir le style en quelques mots.

Quelques heures après avoir rédigé ces derniers mots...

Après des heures de trifouillage dans les arcanes d'Internet et de mes quelques bouquins causant un peu de bière, j'ai dû me rendre à l'évidence qu'il est un chouïa compliqué de trouver une définition relativement accessible et courte. Il semble déjà difficile pour les brasseurs eux-mêmes de se mettre d'accord. Pour faire simple, disons déjà que "sour" est une traduction anglaise des termes "acide" ou "aigre". Ajoutons que le style "Sour" renferme un nombre incalculable de sous-styles de bières allant des lambics belges aux Berliner Weisse, en passant par les aigres rousses flamandes, ou encore les bières de garde assaisonnées de souches de levures Brettanomyces (levures d'origine sauvage). Il est une tendance récente au retour du "brett" et du "sour" dans le brassage artisanal. C'est expressément que je sépare ces deux termes car il n'est pas dit pour tout le monde chez les brasseurs que sour = utilisation de levures brett. C'est ce qui ressort (pour faire une très grosse généralisation qui vous évite, à vous pauvres lecteurs d'être assommés de trop d'infos indigestes ; et qui m'évite à moi, grosse feignasse, de trop en écrire) de mes quelques recherches. Mais aussi de mes propres expériences : il m'a été permis récemment de déguster deux Sour ales, venues de deux brasseries différentes. La première était issue d'une "collab" entre la Brasserie La Rustine et la Brasserie Artisanale de Cluny (toutes les deux dans le 71), dont l'acidité provenait uniquement de l'utilisation de bactéries lactiques avec fermentation haute. la deuxième fait l'objet de cette bafouille qui, je le sens, vous soûle déjà. La Potion Triple Sour est La Potion triple à laquelle Baptiste et Antoine ont laissé s'ajouter, suite à la fermentation haute, une souche de levure Brettanomyces indigènes. C'est-à-dire que ces levures Brett venaient directement de l'air ambiant, à une époque où tous les vignerons voisins étaient en période de vinification. Ce qui démontre que les brasseurs ont parfois... euh non... ont très souvent des perceptions différentes d'un même style de bière.

Pour des explications plus imagées, je vous invite à suivre le lien suivant, une vidéo tournée par "collègue" qui fait des vidéos sur la bière comme moi j'écris, intéressant et bien fait : Brewdog : découvrez Overworks. Vous y découvrirez, outre la nouvelle microbrasserie ouverte par Brewdog, d'autres explications venues d'un spécialiste des levures sauvages. Et il y est aussi question de "Potions"... 😉

Maintenant que j'ai perdu la moitié de mes lecteurs avec ce laïus, et que ceux qui sont restés ont une grosse migraine, j'ai une bonne nouvelle, je ne vous referai pas le coup d'expliquer la composition de cette bière puisque, comme je l'ai mentionné plus haut, la base est celle de la triple d'origine. La Potion Triple Sour titre, comme sa grande soeur, 7% de teneur en alcool. C'est une bière semi-forte qu'on dégustera peut-être un peu plus fraîche que sa devancière, aux alentours des 6-7° C.

La Potion Triple Sour

SI je vous assure que c'est une photo différente de celle prise pour La Potion Triple vieillie en fût de Marc de Bourgogne...
Au visuel, cette Potion se pare d'une robe blond foncé trouble aux reflets ambre très claire. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanc cassé abondante, de texture crémeuse et un peu "rocailleuse" (j'entends, par ce terme très personnel, "qui ne s'atténue pas de façon uniforme mais par morceaux"), très collante au verre en larges dentelles, et bien persistante.

Au nez, cette belle tête de mousse dégage des arômes prononcés, caractéristiques de ceux amenés par les levures Brett : acidulés et fruités notamment sur la pomme verte, voire la pomme pas mûre. Le tout s'accompagnant de tons légèrement vineux de mousseux et de cidre.

En bouche, on attaque avec une légère et très fine effervescence donnant sur un corps de texture riche et ronde, presque onctueux. Il dégage cependant une certaine puissance acide et fruitée, toujours sur ces pommes jeunes avec des tons pouvant presque faire penser à un cidre. Mais on est tout de même sur une bière charpentée et qui affiche un certain caractère malté en arrière-plan avec des notes biscuitées et très légèrement miellées. De cette acidité, on passe à une amertume herbacée marquée et persistante, accompagnée tout de même d'une touche chaleureuse. On note que la chaleur de la triple d'origine est largement atténuée par l'acidité du corps, qui aurait plutôt tendance à rendre cette bière rafraîchissante et, dès lors, "dangereusement buvable".

Cette Potion Triple Sour présente certaines caractéristiques de la triple d'origine avec la puissance, la rondeur et la chaleur du breuvage. Certaines choses changent :
  • une effervescence plus fine et une tête de mousse plus compacte et crémeuse, plus collante et persistante aussi ;
  • une acidité marquée sur les fruits comme la pomme, des tons cidrés et vineux, le tout reléguant au second plan toutes les notes maltées caractéristiques de la triple. 
  • les tons épicés de la triple d'origine m'ont semblé avoir disparu.
Bref, le mélange triple et sour à la sauce Roteuse me paraît valoir le détour, surtout sachant qu'il s'agit d'une première expérience avec tous les aléas qu'implique l'utilisation de levures Brett indigènes. À accompagner, pourquoi pas, d'un fromage bleu sec et puissant comme le Stilton ou le Bleu de Gex. Mais cela peut aussi être un morceau de vieux Gruyère suisse bien puissant. Pourquoi pas aussi avec de la charcuterie fumée. Attention, quantités limitées à la brasserie !





samedi 5 mai 2018

Exotisme à la Brasserie des Ducs

Je ne vous présente plus ni la Brasserie des Ducs, ni Vanessa Cirillo, ni Luc Bon, cela a déjà largement été fait et diffusé ces dernières semaines dans ces pages. Pour ceux qui auraient un trou de mémoire ou n'auraient pas suivi, aventurez-vous ici : Et voici venir la Brasserie des Ducs ! Je peux cependant continuer à vous présenter leurs petites créations sympa. 

Passons pour cette bafouille à la gamme Hop'Stination ! Au-delà du jeu de mot relatif à "obstination", il y a surtout "hop" dans le nom de cette gamme. Ce qui doit mettre la puce à l'oreille des amateurs sur le style de bière que comprendra cette gamme. Sauf peut-être pour ceux qui ne parleraient pas Anglais : ben oui, hop = houblon. Donc, élémentaire mon cher Zythos, Hop'Stination présentera des bières bien houblonnées et suffisamment pour diffuser des saveurs fruitées, ou florales, ou herbacées, ou épicées, ou... tout ça en même temps. Et effectivement, la présente bafouille sera consacrée à la Hop'Stination India Pale Ale.

Cette sympathique IPA est brassée à base de plusieurs malts différents :

  • du malt Pale Ale aux flaveurs à dominante de pain, de fruits confits et de miel ; 
  • du malt Caravienne, malt très populaire en Belgique (les stages de formation en Belgique ont vraiment laissé des traces... 😉) qui ajoute de la couleur à la bière, lui amène du corps et des notes toastées ; 
  • du malt Munich, malt riche et doré offrant un mélange de notes panifiées, caramélisées et miellées. 
Mais nous avons affaire à une IPA (je répète pour ceux qui n'auraient pas compris...), ce qui implique qu'une grande place doit être faite aux houblons. Trois sont utilisés dans l'IPA susnommée :

  • le houblon britannique Admiral en amérisant, houblon aux arômes fruités d'abricot et d'orange, notamment utilisé pour le brassage des ales anglaises mais pas incompatible avec celui des IPA, vous l'aurez compris ; 
  • le houblon américain Mosaïc, né en 2012 du croisement des houblons Simcoe et Nugget, particulièrement indiqué pour les IPA du fait de sa complexe palette aromatique fruitée (des agrumes aux fruits exotiques en passant par les fruits rouges) et végétale (notes herbacées, terreuses, de pin...) ; 
  • le houblon américain Citra, aromatique donnant à la bière des notes de pêche et d'agrumes. 
Il est à noter que ce dernier houblon est aussi utilisé en phase de dry hopping, ce qui lui permet de diffuser à fond ses arômes sans risque d'évaporation. De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille. Une fois prête, elle titre 6.5 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière semi-forte. On la dégustera plutôt fraîche, mais surtout pas glacée (on ne le répétera jamais assez...), autour des 6-7°C à mon humble avis. C'est actuellement la bière à la teneur en alcool la plus élevée en alcool de la brasserie. Mais, si j'ai bien compris, Luc et Vanessa ne comptent pas s'arrêter là. En effet, dans l'avenir ils comptent brasser une...

Vous avez vraiment cru que j'allais vous le dire ? Faudrait déjà que je connaisse moi-même leurs projets... On saura ça en temps voulu.

Bref, la voici !

La Hop'Stination India Pale Ale


Au visuel, cette bière arbore une robe dorée légèrement trouble aux reflets ambre claire, surmontée d'une tête de mousse épaisse et compacte, parsemée de grosses bulles. Bien collante en longues et larges dentelles, elle persiste longuement en un fin col.

Au nez, cette tête de mousse exhale des arômes fruités aux notes exotiques mêlant mangue, ananas, orange... Une petite touche florale et une pointe résineuse sont perceptibles, ainsi que des notes toastées à biscuitées.

En bouche, l'entrée est légèrement vive et débouche sur un corps rond d'effervescence légère, mais aux saveurs plutôt puissantes, fruitées, où l'on retrouve le malt biscuité et toasté, et des notes exotiques de mangue et d'orange. Une pointe résineuse précède une amertume aux saveurs se partageant entre agrume amère et herbacée, marquée et tranchante, bien persistante. 

Un joli brin d'exotisme dans la plaine de Longchamp que cette IPA (pour ceux qui n'avaient pas capté que c'était une IPA...). De la mangue, de l'orange, une certaine puissance, une amertume d'agrumes prononcée, tout ce qui fait une bonne India Pale Ale classique. Elle se double d'un côté rafraîchissant qui ne gâche rien. Alors, à essayer ! Elle accompagnera bien un plat de volaille douce en sauce, pourquoi pas avec du poisson grillé au barbecue, un peu de Langres ou de la Tomme aux fleurs sauvages, pourquoi pas du gâteau au fromage blanc (saveurs douces et citronnées) ou encore un cheese cake aux agrumes.

Petit rappel pour ceux qui veulent en savoir plus sur la Brasserie des Ducs : 

Lire aussi sur la même brasserie : 




mercredi 25 avril 2018

Une Potion qui vous laisse groggy...

Melissa Cole, dégustatrice britannique invétérée de bières et écrivaine sur la bière (Eh, si ça c'est pas de la référence...) a écrit que "les vrais amateurs de bière deviennent poètes quand ils parlent du houblon" (Cole (Melissa), Tout sur la bière, Paris, Galliumard, 2011, p. 18). C'est une réalité pour beaucoup, dont je fais partie. Mais je deviens aussi particulièrement poète quand je parle de bières vieillies en fût de bois. Certaines mauvaises langues pourraient demander si cela se manifeste dès la première lampée, ou juste une fois que la boutanche est torchée. Je ne relèverais pas une telle attaque si elle devait m'être lancée...

Tout ça pour introduire le sujet de la présente bafouille qui, comme certains l'auront peut-être compris à la lecture du titre, nous vient de la Brasserie La Roteuse. C'est effectivement l'un des breuvages de sa gamme éphémère "La Potion" que je mets à l'honneur cette fois-ci. Pas la Potion Triple, que j'ai présentée dans un précédent post il y a un mois : je n'en suis pas encore tout à fait au point de radoter... La Potion triple n'est pourtant pas loin, puisqu'elle constitue la base de la Potion que je présente aujourd'hui. De fait, celle-ci n'est autre que la Potion triple maturée en fût de Marc de Bourgogne. Ce n'est pas ma première bière vieillie en fût - j'en ai déjà présenté plusieurs - mais c'est ma première vieillie en fût de Marc. Contrairement à ses sœurs de la même gamme, je n'avais pas eu le privilège de la goûter (ben oui, elle vieillissait en fût !). Jusqu'à il y a peu, quand Antoine et Baptiste, sans doute persuadés qu'elle allait me plaire, m'en ont lâché une bouteille en avant-première. Et, s'ils en étaient effectivement persuadés, il n'ont pas eu tort... Elle m'a laissé groggy de plaisir. 😉 Bon, peut-être pas uniquement de plaisir... Mais quand même en grande partie.

Je ne vais pas rendre compte ici de sa composition : il s'agit de la même base que celle de la Potion Triple, que j'ai présentée il y a peu (pour ceux qui ne s'en souviendraient pas, qu'ils suivent le lien Nouveautés à La Roteuse). Tout juste vais-je préciser qu'elle a été mise à maturation durant deux mois dans un fût de Marc de Bourgogne vidangé depuis à peine une semaine. Ce qui a permis à la bière de profiter à plein de tout ce que pouvait lui apporter le bois du fût encore imbibé de Marc. Et quel résultat mes amis ! Titrant 7 % de teneur en alcool, même si une fois en bouche on lui donnerait plus, on dégustera cette bière semi-forte à température de cave, soit 12 à 14°C.

La Potion Triple "Fût de Marc de Bourgogne"

Pour différencier les différentes "Potions", qui ont, comme vous pouvez le constater, la même étiquette, fiez vous à ce qui est inscrit sur la capsule ! 
Au visuel, elle affiche une robe blond foncé au trouble important, traversée de légers reflets dorés en bas du verre. On peut y distinguer une tranquille et fine effervescence. Elle se coiffe d'une tête de mousse blanche abondante, de consistance crémeuse et compacte aux grosses bulles clairsemées. Collante en longues dentelles, elle persiste longuement en un mince col. 

Au nez, cette tête de mousse dégage des arômes prononcés de fruits alcoolisés, type prune, raisin... On décèle des notes de malt, biscuitées à briochées, mais moins marquées que sur la triple classique. Enfin, se fait sentir une légère touche boisée, toujours de bon ton pour ce type de bière. Enivrante rien qu'aux arômes...

En bouche, l'attaque se fait sur une fine et légère effervescence. Elle s'atténue rapidement pour laisser la place à un corps rond et puissant où le Marc est on ne peut plus présent avec une certaine dose d'acidité de fruits macérés dans l'alcool, type de notes d'emblée chaleureuses. L'alcool est effectivement présent tout de suite : on sent bien que le tonneau venait d'être vidé... Le malt ne se fait pas oublier en arrière-plan avec des tons biscuités et légèrement miellés. De petites pointes épicées et boisées ajoutent encore au côté chaleureux du breuvage, avant une amertume bien présente, herbacée et fruitée. Elle se trouve quelque peu atténuée par la rondeur du corps, mais persiste bien, en duel avec la chaleur alcoolisée, bien présente aussi sur la fin. 

N'était la chaleur du breuvage, qui prévient un peu quand même, voilà une bière des plus agréables et même "dangereusement buvable". Je vous l'avoue bien sincèrement, je n'ai pas pu m'empêcher de m'envoyer la bouteille de 75 cl à moi tout seul. Eh bien, après ça, mieux vaut éviter de se lever trop vite... Parce que là où les compères de La Roteuse sont assez forts, c'est que la chaleur et la puissance de cette Potion sont comparables à celles d'autres bières vieillies en fûts mais qui ont quelques points de teneur en alcool de plus au compteur... Le fût a merveilleusement joué son rôle, comme pour bien d'autres que j'ai pu déguster auparavant. Pour être moins groggy, n'hésitez pas à l'accompagner d'un plat riche, type gibier, ou d'un fromage puissant comme un Epoisses : une bière maturée en fût de Marc de Bourgogne et un fromage affiné au Marc de Bourgogne ne peuvent pas faire mauvais ménage...





vendredi 13 avril 2018

Une rouquine sympa chez les Ducs

Petit détour une fois de plus par la Brasserie des Ducs, basée à Longchamp, pour la poursuite de la présentation de ses bières. C'est à la rousse de Luc et Vanessa que cette petite bafouille est consacrée, parce que celle-ci est aussi plutôt bien réussie et agréable. 

Cette petite rouquine, plutôt légère, est brassée à partir de malt pâle pour la base et les sucres fermentescibles, de malt roux et, peut-être, de malt caramel qui lui assure une certaine rondeur. Je n'ai pas d'info sur le(s) houblon(s) utilisé(s). Aussi, je n'épiloguerai pas sur la composition profonde de cette bière. Eh oui, parfois, il me vient à l'idée de vous épargner une fastidieuse lecture, profitez-en ! De fermentation haute, elle est refermentée en bouteille afin de gazéifier une bière qui sort plate de cuve de fermentation. Elle titre ainsi 5.7 % de teneur en alcool, ce qui en fait une bière légère et, pourquoi pas, de détente. Elle est cependant à déguster, à mon humble avis, autour des 8-9° C.

La Tradition'Ale rousse


Au visuel, elle revêt une robe rousse orangée légèrement trouble, aux reflets cuivrés. Sa tête de mousse, couleur crème, est aérée avec de grosses bulles, bien collante en fines dentelles entremêlées, et bien persistante. 

Au nez, on distingue des arômes fins aux notes fruitées d'abord, sur les fruits rouges, vite supplantées par des arômes toastés et caramélisés. Les fruits secs (noix, noisette) ne sont pas en reste dans ce bouquet. 

En bouche, on démarre sur une entrée relativement vive débouchant sur un corps révélant d'abord une légère acidité fruitée. Mais il s'arrondit rapidement autour de notes maltées se traduisant par des saveurs moelleuses et caramélisées et surtout de fruits secs. On revient sur des tons acidulés en fin de bouche, avant une amertume herbacée modérée mais persistante. 

Une rouquine ronde et caramélisée pas désagréable malgré des notes de fruits secs dont je ne suis personnellement pas friand. Ses notes acidulées fruitées la vivifient légèrement, ce qui ne gâche rien. Elle a été plaisante à déguster et, justement, ses notes acidulées la rendent aussi rafraîchissante. Rafraîchissement, détente, et dégustation vont de... trio pour un résultat sympa. Un petit plaisir simple qu'on peut accompagner de viande rôtie ou de vieille mimolette ou, plus original, d'un Mothais sur feuille, chèvre légèrement boisé posé sur une vraie feuille d'arbre.

Petit rappel pour ceux qui veulent en savoir plus sur la Brasserie des Ducs : 

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